REMISE DES JANTES ET ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AU PAYS DES SAUNIERS

J'ai cherché longtemps (3mn environ) une phrase d'accroche pour démarrer mon propos mais comme rien n'a fusé de mon cerveau encore réfrigéré par mon retour en Auvergne, je vais aller au plus court et commencer par vous rappeler que notre président nous avait donné rendez-vous » sous le blason d'azur à un rocher d'argent issant d'une mer d'azur cousue d'argent mouvant de la pointe, au chef d'argent chargé d'un pin au naturel terrassé de sinople et accompagné de deux coquilles de gueules », bref, vous l'avez compris, nous allions nous retrouver à Pornichet, car comme le dit la devise de ce lieu : Nautis Neptunus Favet Amicus (pour ceux dont il ne reste que de vagues bribes du latin appris dans les tourments de l'adolescence pré-pubère, je traduis :  L' ami Neptune est favorable aux marins). Vous comprendrez donc que le choix de ce lieu par notre Président était une évidence pour un club de motos !!

Texte : Christian JOURNIAC , Photos : Patrick Bourneuf  Videos: Katia Cloud, Jean-François SUDAN CHEVALEY

Bon, moi, me taper 600km, début Novembre, à l'heure d'hiver, avec une météo plus que capricieuse, ne  m'enchante que  moyennement. Mais, d'une part, je savais que certains venaient de plus loin (et si j'étais pas venu, je passais pour quoi, moi!!!) et d'autre part, j'avais une halte salvatrice à Tours où un couvert et un lit douillet m'attendaient, avant de retrouver, le lendemain, par un petit matin lumineux de Novembre, d'autres tourangeaux avec qui j'allais, sous la conduite de Jean Jacques, et en suivant la Loire au plus prés, retrouver le gros de la troupe (mais non, ce n'est pas de toi dont je parle…..) à Nantes.

La route est fort agréable et les vues sur la Loire sont superbes avec les bancs de sable léchés par le fleuve tandis que les cormorans et autres aigrettes et hérons sont à leurs postes de guet.

Arrivée à Nantes et soudain, Jean Jacques  met ses warning et se gare le long du boulevard. Mauvaise nouvelle, il vient de crever de la roue arrière et Fifi lui donne un coup de main pour mettre les mèches et autres produit gonflant pour le faire repartir. Pendant ce temps nous allons au restaurant et Jean Jacques arrive et constate que, en moins de 500m, il vient de reprendre un clou toujours dans le même pneu arrière. Là, malgré des tonnes de mèches et un nombre de bonbonnes d'air comprimé à gonfler un ballon dirigeable, il ne peut que constater que  le pneu est réellement HS. Je vous passe les péripéties pour ramener la moto à Pornichet, mais notre Jean Jacques a eu son début de week-end bien gâché et lui, dont je n'apprendrai à personne combien il est quelque fois abrupt (j 'allais dire « brut de décoffrage » en rapport avec son métier) est resté, comme Raoul, très « mousse et pampre » ( les tontons flingueurs, je cite mes sources!!), mais je suis bien certain, que ça bouillonnait grave dans sont for intérieur.

Au bout du bout, il récupérera sa moto jeudi en fin d'aprem, chaussée à neuf !!

Mercredi soir, donc, tout le monde se rejoint à KER JULIETTE et cela fait un beau troupeau !!

Soirée des retrouvailles, des « comment vas tu ?, des « depuis le temps » !!  des « Qu'est -ce que tu deviens « ! des « t 'as pas changé » (hypocrite !!, bien sur que si j'ai changé, tu vois pas mes rides, mon ventre, mes cheveux, mes fesses (rayez la mention inutile!!)

Repas agréable, personnel efficace, mais comme on a tous quelques kilomètres dans les pattes, on ne va pas traîner, d'autant que Jean Louis nous annonce un départ à 9h en direction du Nord, (j'imagine les brumes du Nord, la neige, les caribous, en fait non, on va au Croisic, ouf!!).

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Jeudi 2 Novembre

Un peu plus de 70  motos sont sur le parking de KER JULIETTE, et cela fait un sacré tiroir, mais tout va fort bien se passer  et nous allons suivre le bord de mer jusqu'au Croisic sous une météo incertaine mais il ne pleut pas et à la sortie de Pornichet, la brise de mer m'apporte, sous mon casque, une odeur de marée qui déclenche une envie d'huîtres et de de muscadet. Nous allons nous arrêter sur le port du Croisic et c'est peu dire que le défilé des motos dans les rues du port suscite une curiosité des piétons. Mais ce qui rend notre arrivée et notre départ plus discrets c'est le porte-voix que jean Louis utilise pour nous donner les consignes et qui, dans le contexte de joyeux  « En bordel, couvrez !! »donne un coté fête foraine intéressant !(Attention, petits bolides pour le départ!!!)

Heureusement que le parking du port est immense et il faut féliciter les organisateurs d'avoir trouvé à chaque fois des endroits pour un arrêt facile. Pause pipi pour reprendre la moto plus décontracté (Vous n'avez jamais remarqué comme la démarche change suivant le niveau de remplissage de la vessie!!) et direction la Turbale  à travers les marais salants. Superbe parcours sur cette petite route qui tournicote au ras des marais et avec un soleil noyé de brume qui amène une lumière presque métallique à la surface de l'eau. On prend un petit peu d'angle pour le plaisir de la conduite  tout en regardant les aigrettes ou les mouettes à la recherche de leur déjeuner.

Nous arrivons à La Turbale en même temps que la brume de mer et je me dis que nous avons bien fait de profiter du panorama de ce matin, car ça se bouche sévère !!

Arrêt sur un parking en front de mer et….. surprise , voila t'y pas (comme on dit chez moi) que sur le petit muret séparant le parking de la plage, apparaissent  des plateaux avec des rillons et oignons confits ( le tout tiède, et là, je tire mon chapeau, car Jean Louis et Bruno ont poussé le vice jusqu'à réussir à nous proposer ces dynamites à cholestérol presque chaudes, ce qui dans le contexte est un exploit. Bravo  !!), le tout arrosé d'un (voire plusieurs) verres de Saumur Champigny.

A 10h30, je vous dis pas la vitesse où tout ça a été avalé par la centaine d'estomacs affamés !!

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Bon, ben, on est en retard !!!

Nos ouvreurs vont écourter un peu la ballade car nous avons un impératif avec les chantiers navals de  Saint-Nazaire en fin d'aprem, chantiers qui, semble t il ne plaisantent pas avec les horaires !

La brume de mer contrairement à mes craintes s'est levée et il fait plutôt beau quand nous suivons le bord de mer, passons à Piriac, franchissons la Vilaine vers la Roche Bernard pour arriver à Muzillac dans un restaurant investit par le 3e age en goguette.

Avec le petit en-cas de ce matin, j'ai pas une faim de loup, le restau est bondé et la musique contribue à me pousser régulièrement dehors pour essayer de calmer mes acouphènes, tandis que valsent et tangotent (!) les papys et mamies endimanchés.

Départ pour Saint-Nazaire, arrivée sur les quais devant les monumentales constructions qui ont abrités les navires de guerre de la flotte allemande, pour garer les motos en épi et attendre les bus qui nous feront visiter le chantier ( Interdiction de photographier, les portables doivent être éteints et non visibles, sinon, demi-tour. L'un d'entre nous qui a sorti le portable (pour voir l'heure) a frisé la correctionnelle et nous avec!!)

Visite commentée extrêmement intéressante sur les techniques de construction des géants des mers ! Nous allons passer au pied du « Symphony of the sea », frère jumeau de « l'Harmony of the sea » qui devrait prendre la mer en avril 2018 et c'est un beau bébé. La nuit commence à tomber sur Saint Nazaire quand nous descendons du bus pour aller visiter la cale sèche où le « Célébrity Edge' navire haut de gamme est en train de prendre forme .Attention, on est prié de rester sur les marques au sol délimitant le trajet sans s'en écarter d'un poil de c… !!!!!!A ce moment là, je remarque que la pleine lune est en train de se lever au-dessus d''une pile du pont suspendu. Benoîtement, je demande si je peux photographier (mon péché mignon, Elie!!) , car l'image est superbe ! Verboten , not allowed, prohibido, qedexe,voarara !! (Je vous laisse le soin de chercher la langue des deux derniers, les gagnants gagnent la photo que je n'ai pas prise!) Et c'est là que j'apprends, à mon corps défendant, que le pont est construit sur l'emprise des chantiers navals et qu'il bénéficie de la même protection. On ne  sait jamais, vous imaginez si je vends cette photo à une puissance étrangère !!! On est quand même pas loin du ridicule !!

Donc, visite de la cale sèche et il faut voir les ouvriers  en train de travailler prés de la coque pour avoir une idée des dimensions de ces paquebots !!

Je crois pouvoir dire que cette visite a enchanté le groupe.

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Retour de nuit à Pornichet

Tout le monde se retrouve au restaurant, histoire de rajouter une couche de graisse sur les rillons de ce matin et Jean Louis et Bruno nous donne le menu routier du lendemain qui cette fois est au sud et se concentre sur l'île de Noirmoutier avec le passage du Gois.

Il est 23h environ quand nous redescendons chez mes amis pour une nuit de repos non sans avoir sacrifié à une coutume locale consistant à se torcher un verre de calva histoire de faire fondre les graisses.

Vendredi 3 Novembre

La troupe s'est agrandie et je crois que nous sommes passé de 70 à 90 motos environ !!!

Nous franchissons le fameux pont de Saint Nazaire à 70km/heure, le radar tronçon et la circulation n'incitant pas à aller plus vite et bénéficions ainsi d'une jolie vue sur les chantiers navals.( Pas de photos, sinon……………….goulag!!!)

Puis notre groupe s'égaye dans une campagne verdoyante et sans reliefs et dont les routes contournent les prés et autres marais ce qui permet d'admirer, pour ceux qui, comme moi, à ce moment-là, sont plutôt en queue de peloton, le serpent de motos (avec les casques des pilotes et des passagères  qui dépassent seuls la végétation) dont le corps ondule à perte de vue,  en fonction du tracé.

Pause café  au Port du Bec où nos organisateurs, toujours aux petits soins, nous ont cette fois , concocté un arrêt huîtres/muscadet. Bon, coté huîtres, il n'y en avait pas une douzaine chacun (mais nous étions au moins 140 et le but du jeu n'était pas de déjeuner mais de se mettre en condition ) mais je pense que certains se sont débrouiller mieux que d'autres pour dépasser le quota de 3 ou 4 huîtres chacun !! Le muscadet quant à lui était un petit vin de propriétaire décapant à souhait !

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Nous passons le Gois (inutile de préciser que c'était marée basse!!) sur une chaussée encore humide et bien terreuse et sablonneuse ce qui permit de crader les motos à souhait.

Regroupement de l'autre coté pour la photo souvenir et c'est un sacré travail pour faire garer les 90 motos en épi. Heureusement , Jean Louis, organise tout ça de main de maître grâce à son porte-voix, ce qui ajoute au folklore local et enchantent les pécheurs à pied qui admirent le spectacle.

Direction la digue pour la photo souvenir et …... »attention, ne cherchez pas à escalader car les pierres sont gli ….( il n'eut pas le temps de terminer, Brigitte venait de se vautrer sur les dites pierres) ….ssantes !!!!

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Direction le restaurant (vaste parking réservé!!!!) et accueil sur le dit parking par une journaliste du New York Times afin de faire un papier (et une photo) sur ce rassemblement.

A la sortie du restaurant, la pluie s'invite au voyage et, équipés de nos élégantes combinaisons de pluie, nous nous retrouvons pour la visite commentée chez un saunier du marais.

Deux groupes se forment. Le 3eme age (la je sens que je vais me faire des copains) va s'asseoir à l'abri pour voir une vidéo (et faire une petite sieste post-prandiale bienvenue) tandis que les jeunes loups bravent les éléments déchaînés (j'en rajoute un peu) pour écouter le fiston du propriétaire nous expliquer de manière très intéressante son travail et sa philosophie de la vie et son attachement à son territoire (et à l'entendre, je crois qu'il a tout compris!!)

Nous en profiterons pour lui alléger son stock de sel et autre fleur de sel !

La pluie aidant, il commence à faire sombre et nous décidons de rentrer au plus vite par le chemin le plus court. Il est 17h30 quand nous arrivons vers Saint Nazaire, heure de sortie des bureaux !!!!

Jusqu'au bas du pont de Saint Nazaire, pas de soucis, mais après, c'est une autre histoire ……………

Pont bloqué par un embouteillage monstre (et vous imaginez 90 motos qui viennent s'empiler et qui cherchent à se faufiler??????) Heureusement une ambulance, va nous aider et plusieurs d'entre nous vont enquiller derrière pour se sortir du flot !!!

Retour à l'hôtel sous la pluie.

Lors du repas, Jean Louis et Bruno nous indiquent que demain samedi la ballade est facultative, ce qui me va parfaitement car, la promesse d'un temps incertain nous conduit à refuser (gentiment) cette option. On va trouver autre chose à faire (comme le marché à Pornichet par exemple)

N'importe comment tout le monde doit être là pour l'AG  (c'est quand même un peu le but de notre présence dans ce coin de la côte sauvage )

Samedi 14h

Les pointages ont été effectués et chacun a pris sa place pour cet après-midi réglementaire où l'AG plus une AGE concernant la modification des statuts est à l'ordre du jour. Bon, malgré le formalisme, on devrait pouvoir expédier tout ça rapidement, considérant que nous sommes tous des gens adultes participant à un club bien géré (Notre JP  est quand même un pro de la liasse fiscale!!)

 

Et ben j'avais tout faux !!!

Nous allons passer notre temps à écouter des plaintes, des sous-entendus, voir des cheveux se faire couper en 4 puis en 8, bref, pour ma part, n'étant pas un adepte de la procédure (quand elle est inutile) et considérant  que je  ne risque pas ma vie en validant le transfert du siège social d'un endroit à un autre, je n'ai qu'une envie, c'est de me barrer (je reste car il pleut!!!)

De moto, nous n'en avons quasiment pas parlé (sauf le voyage à madère dont la présentation a été trop longue et trop détaillée (l'horaire d'avion au départ de Roissy, franchement, 6 mois avant, je m'en fous un peu)) et ce moment qui aurait pu être un moment de convivialité et de reconnaissance du travail accompli s'est terminé en eau de boudin et dans la déception pour beaucoup de ceux qui, à priori, n'étaient pas la pour assouvir leur soif « d'un quart d'heure de célébrité » comme disait Andy Warhol

Clap de fin. Nous sommes quelque uns à noyer notre chagrin dans un verre de muscadet loin de cette foire (Tu veux pas nous faire un coup de porte-voix, Jean Louis, pour assurer l'ambiance!!!)

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Samedi 20H

Apéritif dans la salle et dîner de gala de clôture du week-end  et qui consacre la franche camaraderie de notre club.

Pendant ce dîner, où chacun recevra de la part de nos organisateurs un petit cadeau souvenir, Claude, va remettre les pin's des adhérents  ayant cotisé depuis 25ans . Bon, il avait remis lors des soirées précédentes les pin's des 5/10/15/20 ans, mais c'est du pipi de chat au regard des 25ans qu'arborent fièrement Pierre RONTET, Jacques LEBRUN et Thien LY-HOANG.

(Claude, je pense que les pin's, à partir de 15ans  devraient être en or (et je dis pas ça parce que je vais bientôt recevoir celui des 15ans,…. si je ne me suis pas barré avant !!)

A entendre les flonflons qui arrivent à mes oreilles, je sens que la soirée dansante va commencer ;

Je cherche des yeux Babeth, avant de me souvenir qu'elle n'est pas là pour nous régaler d'un petit madison, dommage !

Ah oui, j'y pense, ce n'était pas une reporter du NewYork Times qui a fait l'article de presse mais  une journaliste  de «  Presse Océan » !!

 

Il est temps de terminer ce week-end, de remerçier Jean Louis, Bruno et le bureau du club pour l'organisation et de souhaiter à chacun une bonne route avec le souhait de se revoir très vite pour ………………...rouler, boire, manger et rire. La vie, quoi !!!

 

Amitiés

Christian JOURNIAC

Christian JOURNIAC