2026 - Nice : Le village des Sorcières (Italie)

Le 19/04/2026

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Durée : Une journée

La Délégation régionale de Nice Côte d’Azur du BMW Moto Club France vous propose le 19 avril 2026, une journée en Italie, un retour au XVI Siècles en Italie. 

Après notre départ de la concession de Nice, sur nos fidèles destriers destination Sospel, la frontière italienne aux panoramas ouverts sur les vallées de la Ligures du Nord-Ouest. Notre déjeuner et visite des ruelles d’Apricale, village de pierre accroché à sa colline, avant de reprendre une route étroite et joueuse au milieu des oliviers et des châtaigniers. Les virages s’enchaînent jusqu’à Triora, « village des sorcières », posé sur son éperon entre cols, belvédères et petites places ombragées, ce road trip mêle conduite plaisir, charme médiéval et une Italie intime, loin des grands axes.

Cette sortie est accessible aux non adhérents du Club via le mode découverte. Compléter le document “mode découverte”

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nice@bmwmcf.com

Description

L’Odyssée d’Avril — Épopée d’acier et de montagnes
À l’heure exacte où le soleil s’arrache à la Méditerranée, la concession BMW Motorrad de Nice s’éveille comme une forge mythologique. Les motos attendent, alignées tels les chevaux d’Alexandre, patientes mais vibrantes, conscientes que le jour sera grand. À 9h00, le signal est donné. Le moteur gronde. Ce n’est plus un bruit : c’est un appel.

Comme les Argonautes quittant le port d’Iolcos, nous laissons derrière nous la ville et ses certitudes. La A8 est avalée sans émotion, simple voie de transit, plaine avant la bataille. Elle n’existe que pour être quittée.
Puis surgit Saint-André-de-la-Roche, premier jalon du destin. La route se cabre, l’air se fait plus vif. Le voyage commence réellement ici, quand l’asphalte cesse d’être docile.

À Contes, la terre se durcit, les murs s’arc-boutent contre le temps. Chaque virage est un défi lancé au pilote. À L’Escarène, on franchit un seuil invisible : celui où l’homme moderne pénètre dans un territoire ancien. Les pierres observent, silencieuses, comme si elles jaugeaient la valeur de ceux qui passent. Alors s’élève le col de Braus.

Muraille naturelle. Épreuve initiatique.
Les lacets s’enroulent comme un serpent de montagne, exigeant précision, respect, engagement. Ici, Napoléon aurait fait passer ses canons ; aujourd’hui, c’est la volonté qui monte. La moto s’incline, rugit, conquiert chaque mètre. Le monde s’ouvre à mesure que l’on gagne de l’altitude. On n’est plus un simple voyageur : on devient conquérant.

La descente vers Sospel est une récompense.
Sospel apparaît comme une cité-refuge, nichée dans son écrin de sommets. Ancienne sentinelle des routes alpines, elle a vu défiler armées, marchands, pèlerins. Son pont médiéval enjambe la Bévéra tel un serment de pierre. Ici, le temps n’a pas disparu : il s’est empilé. On roule au-dessus des siècles. Mais la route ne pardonne pas la contemplation prolongée. Le col de Vascavo appelle, plus secret, plus âpre. C’est la montée de l’ombre et du silence. Les arbres se resserrent, la route se fait étroite, presque farouche. Chaque virage semble poser la question essentielle : mérites-tu de passer ?

Puis, sans fanfare, la frontière italienne.
Aucun mur. Aucun fracas. Seulement un changement d’âme. L’air devient plus chaud, la lumière plus dorée. L’Italie ne s’annonce pas : elle se révèle.
Olivetta San Michele surgit, accrochée à la vallée comme un bastion oublié. Les oliviers, noueux et éternels, rappellent que cette terre fut romaine avant d’être moderne. Ici passaient les légions, ici se traçaient les voies de l’Empire. La route n’est plus seulement un itinéraire : elle est héritage.

La SS20 s’étire, noble et rapide, laissant filer la chevauchée.
Puis viennent les routes secondaires — SP92 via Verrandi, SP69, SP68 — et avec elles le vrai plaisir : l’enchaînement, le rythme, la danse. Les virages se succèdent comme des vers épiques, amples et maîtrisés. Le pilote ne combat plus la route : il fusionne avec elle.
À la bifurcation d’Isolapona, le choix est clair, presque écrit d’avance. Apricale. Le village surgit tel un mirage de pierre, empilé contre la montagne, défiant la gravité et le temps.
Apricale n’est pas une destination : c’est un aboutissement. Ses ruelles médiévales, étroites comme des secrets, résonnent des pas de ceux qui ont survécu aux guerres, aux famines, aux frontières mouvantes. Ici, chaque mur raconte une résistance.

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Après Apricale — Le Chant des Hautes Terres et des Ombres

Le déjeuner à Apricale s’achève comme une halte sacrée. On ne s’attarde pas trop longtemps auprès des pierres heureuses : l’épopée appelle toujours plus loin. Le village est salué, promis à une autre saison, à un autre retour. Comme les héros homériques quittant l’île hospitalière, nous reprenons la route, conscients que le temps est un dieu jaloux. Les moteurs reprennent voix. 

Cap vers Baiardo.
La montée est rude, franche, presque ascétique. Baiardo se dresse comme un nid d’aigle, exposé aux vents, surveillant la mer invisible. Ici, la route devient ligne de crête, et chaque virage offre un combat bref entre gravité et volonté. La montagne ne se donne pas — elle se mérite.
La SP75, puis la SP65, étirent leurs rubans étroits à travers un monde minéral et sauvage. Les forêts s’épaississent, la lumière se fragmente. On quitte définitivement la douceur méditerranéenne pour entrer dans un territoire plus ancien, plus farouche, où l’homme n’est qu’un passage.

Et soudain, Triora.

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Triora — Le Village des Ombres et du Jugement
Triora apparaît comme une citadelle de pierre, serrée sur son éperon rocheux, dominant la vallée Argentina. Ses maisons semblent s’agripper les unes aux autres, comme pour se protéger d’un souvenir trop lourd. Ici, les ruelles sont étroites non par économie d’espace, mais par nécessité de silence. Le village écoute encore. Triora est un lieu homérique, non par ses héros, mais par sa tragédie.

Car au XVIᵉ siècle, lorsque la famine frappa ces montagnes, les hommes cherchèrent des coupables plutôt que des réponses. Et comme souvent dans l’Histoire, ils regardèrent vers les marges : les femmes, les guérisseuses, celles qui connaissaient les herbes, le rythme des saisons, les secrets transmis sans livres.

Entre 1587 et 1589, Triora devint un théâtre de peur. Une trentaine de femmes furent accusées d’avoir pactisé avec le Mal, rendues responsables des récoltes perdues, des ventres vides, des hivers trop longs. Les procès furent menés sous l’autorité de l’Inquisition génoise, dans un climat où la raison avait déserté la salle d’audience. Les interrogatoires furent brutaux. Les aveux, arrachés.

Certaines moururent sous la torture. D’autres se jetèrent dans le vide, préférant la chute au feu. Leurs noms résonnent encore, comme Franchetta Borelli, figure tragique, devenue presque mythologique — femme réelle transformée en symbole, bouc émissaire élevé au rang de démon.
Triora fut plus tard surnommée la “Salem de l’Italie”, mais la comparaison est trompeuse : ici, bien avant l’Amérique puritaine, la peur avait déjà appris à juger. Comme dans les tragédies grecques, la faute n’était pas individuelle : elle était collective. Le chœur, cette fois, criait vengeance plutôt que sagesse.
Aujourd’hui, Triora ne crie plus. Elle murmure.
Les pierres ont tout vu, et ne condamnent plus. Elles témoignent. Le village, perché et austère, semble demander au voyageur non pas de croire, mais de se souvenir. Dans ses ruelles obscures, l’ombre n’est pas menaçante : elle est mémoire. Nous quittons Triora lentement, presque en silence. La moto reprend sa voix, mais le cœur, lui, reste un instant en arrière.
Car certaines routes ne se mesurent pas en kilomètres, mais en poids d’Histoire.

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Le Dernier Chant — La Descente vers la Mer et le Repos Mérité
Nous quittons les hautes terres quand le jour commence à pencher. Les montagnes, rassasiées de nos passages, se taisent derrière nous. Les moteurs ronronnent désormais sans défi, comme des compagnons fidèles qui savent que l’essentiel a été accompli.
La route s’incline, longue respiration après l’effort. Chaque virage efface un peu de la rudesse des cimes, chaque kilomètre ramène la chaleur, les odeurs plus grasses de la terre basse, le parfum lointain du sel. Nous redescendons comme les héros homériques quittant le monde des oracles et des ombres pour retrouver celui des hommes.

Au loin, Vintimille apparaît. Ville-frontière, ville-seuil, dernier passage entre deux mondes. Elle n’a pas la solennité des villages perchés, mais elle possède autre chose : la promesse du retour. Ici, les routes cessent de poser des questions. Elles offrent des réponses simples. Nous récupérons la voie rapide, cette artère moderne et fluide, sans poésie apparente — mais qu’importe. Après les cols, après les lacets, après la mémoire lourde de Triora, cette simplicité est un luxe.

Les moteurs se calent à rythme égal. Le groupe devient ligne. Le voyage se fait silence partagé. La Méditerranée, invisible, mais présente, accompagne désormais la progression. Elle est là comme une divinité bienveillante, rappelant que tout périple, même le plus grand, doit finir par une eau calme. La fatigue se fait sentir — mais c’est une fatigue juste.

Celle qui ne pèse pas, celle qui prouve que l’on a vécu pleinement chaque instant. Les épaules sont lourdes, les mains marquées, mais l’esprit est clair. Comme après une bataille gagnée sans triomphe inutile.
Lorsque les moteurs s’éteignent enfin, le monde reprend son volume normal. Les casques se retirent. Les regards se croisent. Peu de mots suffisent.

Car ce road trip n’était pas une fuite, mais un retour à l’essentiel. Et comme dans tout grand chant, il n’y a pas de point final — seulement une pause. La route attendra. Elle sait désormais qui nous sommes.

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Modalités pratiques

  • Rendez-vous : Dimanche 19 Avril 202 à la concession de Nice Motorrad
  • Départ : 9h00 tout plein fait.
  • Retour sur Nice env 17h41 (18h) incluant arrêt, repas, visite du musée des sorcières…
  • Trajet de 245km,

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Les repas sont payés par les participants aux restaurateurs.

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Michel BERARD
Délégué Régional Nice-Côte d’Azur
nice@bmwmcf.com