2026 - Nice : Le village des Sorcières (Italie)

Le 19/07/2026

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Durée : 1 journée

La Délégation régionale de Nice-Côte d’Azur du BMW Moto Club France vous propose, le 17/07/2026, une journée en Italie, un retour au XVI Siècles en Italie. 

Après notre départ de la concession de Nice sur nos fidèles destriers destination Sospel, la frontière italienne aux panoramas ouverts sur les vallées de la Ligures du Nord-Ouest. Nous déjeunerons au village de Triola avant de passer l’après-midi à flâner dans les petites ruelles et visiter le musée des Sorcières. Notre départ en fin d’après-midi, une fois les ardeurs du soleil réduit, nous profiterons des petites routes de la province d’Imperia pour rejoindre San-Remo et rentrer via l’autoroute A10.

Cette sortie est accessible aux non adhérents en mode découverte.

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nice@bmwmcf.com

Michel BERARD

Description

L’Odyssée de Juillet — Épopée d’acier et de montagnes
À l’heure exacte où le soleil s’arrache à la Méditerranée, la concession BMW Motorrad de Nice s’éveille comme une forge mythologique. Les motos attendent, alignées tels les chevaux d’Alexandre, patientes mais vibrantes, conscientes que le jour sera grand.

À 8h30, le signal est donné. Le moteur gronde. Ce n’est plus un bruit : c’est un appel. Comme les Argonautes quittant le port d’Iolcos, nous laissons derrière nous la ville et ses certitudes. La A8 est avalée sans émotion, simple voie de transit, plaine avant la bataille. Elle n’existe que pour être quittée. Puis surgit Saint-André-de-la-Roche, premier jalon du destin. La route se cabre, l’air se fait plus vif. Le voyage commence réellement ici, quand l’asphalte cesse d’être docile. À Contes, la terre se durcit, les murs s’arcboutent contre le temps. Chaque virage est un défi lancé au pilote. À L’Escarène, on franchit un seuil invisible : celui où l’homme moderne pénètre dans un territoire ancien. Les pierres observent, silencieuses, comme si elles jaugeaient la valeur de ceux qui passent.

Alors s’élève le col de Braus. Muraille naturelle. Épreuve initiatique. Les lacets s’enroulent comme un serpent de montagne, exigeant précision, respect, engagement. Ici, Napoléon aurait fait passer ses canons ; aujourd’hui, c’est la volonté qui monte. La moto s’incline, rugit, conquiert chaque mètre. Le monde s’ouvre à mesure que l’on gagne de l’altitude. On n’est plus un simple voyageur : on devient conquérant.
La descente vers Sospel est une récompense. Sospel apparait comme une cité refuge, nichée dans son écrin de sommets. Ancienne sentinelle des routes alpines, elle a vu défiler armées, marchands, pèlerins.
Son pont médiéval enjambe la Bévéra tel un serment de pierre. Ici, le temps n’a pas disparu : il s’est empilé. On roule au-dessus des siècles.
Mais la route ne pardonne pas la contemplation prolongée.


Le col de Vascavo appelle, plus secret, plus âpre. C’est la montée de l’ombre et du silence. Les arbres se resserrent, la route se fait étroite, presque farouche. Chaque virage semble poser la question essentielle : mérites-tu de passer ?Puis, sans fanfare, la frontière italienne. Aucun mur. Aucun fracas. Seulement un changement d’âme. L’air devient plus chaud, la lumière plus dorée. L’Italie ne s’annonce pas : elle se révèle. Olivetta San Michele surgit, accrochée à la vallée comme un bastion oublié. Les oliviers, noueux et éternels, rappellent que cette terre fut romaine avant d’être moderne. Ici passaient les légions, ici se traçaient les voies de l’Empire. La route n’est plus seulement un itinéraire : elle est un héritage.

La SS20 s’étire, noble et rapide, laissant filer la chevauchée. Puis viennent les routes secondaires — SP92 via Verrandi, SP69, SP68 — et avec elles le vrai plaisir : l’enchainement, le rythme, la danse. Les virages se succèdent comme des vers épiques, amples et maitrisés. Le pilote ne combat plus la route : il fusionne avec elle. À mesure que la route s’élance, la lumière se fait plus claire, presque liquide, et l’on glisse vers la SP94, où Pigna apparait comme un mirage de pierre suspendu au-dessus des vallées. Les façades ocre, les volets délavés, les ruelles étroites semblent respirer une lente poésie, comme si chaque maison gardait en elle un fragment de soleil ancien.

Puis la route se hisse vers la SP65, et la montée de Colla di Longan devient un poème de virages. Les motos dessinent des arcs, des courbes, des élans — une calligraphie de liberté sur le flanc de la montagne. L’air se fait plus vif, presque argenté. On sent la présence des sommets, silencieuse, majestueuse, comme un tableau de Caspar David Friedrich où l’homme avance, minuscule, mais exalté. Le Torrent Argentina apparait alors, long serpent d’eau claire qui accompagne le voyage comme une musique discrète. Par moments, il scintille comme une toile impressionniste, Monet en plein air ; à d’autres, il se cache derrière les roches, ne laissant entendre que son murmure profond. La route suit son rythme, tantôt serrée, tantôt ouverte, comme si elle dansait avec le torrent.

Et puis, au détour d’un dernier pli de montagne, surgit Triora. Village perché, village de légendes, village de sorcières — un lieu où l’ombre et la lumière semblent se parler. Les pierres sombres, les arches médiévales, les ruelles qui montent et s’enroulent : tout ici évoque un décor de cinéma, un Caravage transposé dans les Alpes ligures. On coupe le moteur, et le silence devient une présence. Le vent glisse entre les maisons, portant avec lui des histoires anciennes, des murmures, des secrets.

 

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Triora — Le Village des Ombres et du Jugement
Triora apparait comme une citadelle de pierre, serrée sur son éperon rocheux, dominant la vallée Argentina. Ses maisons semblent s’agripper les unes aux autres, comme pour se protéger d’un souvenir trop lourd. Ici, les ruelles sont étroites non par économie d’espace, mais par nécessité de silence. Le village écoute encore. 

Triora est un lieu homérique, non par ses héros, mais par sa tragédie. Car au XVIᵉ siècle, lorsque la famine frappa ces montagnes, les hommes cherchèrent des coupables plutôt que des réponses. Et comme souvent dans l’Histoire, ils regardèrent vers les marges : les femmes, les guérisseuses, celles qui connaissaient les herbes, le rythme des saisons, les secrets transmis sans livres.
Entre 1587 et 1589, Triora devint un théâtre de peur.

Une trentaine de femmes furent accusées d’avoir pactisé avec le Mal, rendues responsables des récoltes perdues, des ventres vides, des hivers trop longs. Les procès furent menés sous l’autorité de l’Inquisition génoise, dans un climat où la raison avait déserté la salle d’audience. Les interrogatoires furent brutaux. Les aveux, arrachés.  Certaines moururent sous la torture. D’autres se jetèrent dans le vide, préférant la chute au feu. Leurs noms résonnent encore, comme Franchetta Borelli, figure tragique, devenue presque mythologique — femme réelle transformée en symbole, bouc émissaire élevé au rang de démon. 

Triora fut plus tard surnommée la “Salem de l’Italie”, mais la comparaison est trompeuse : ici, bien avant l’Amérique puritaine, la peur avait déjà appris à juger. Comme dans les tragédies grecques, la faute n’était pas individuelle : elle était collective. Le chœur, cette fois, criait vengeance plutôt que sagesse. Aujourd’hui, Triora ne crie plus.Elle murmure.

Nous déjeunerons dans l’auberge du village (en négociation), en cas de non-aboutissement, nous prévoirons un piquenique, cette solution sera décidée le jeudi 16 juillet.

Au cœur du village, le musée des sorcières raconte l’histoire tragique et fascinante des procès du XVIᵉ siècle. On y découvre des récits de femmes accusées d’avoir pactisé avec les ombres, des objets anciens, des témoignages, des symboles. L’atmosphère y est étrange, presque suspendue : un mélange de mémoire, de superstition et de poésie noire. Puis vient le plaisir de la flânerie. On se perd dans les ruelles étroites, pavées, qui montent et descendent comme un labyrinthe. On traverse des passages voûtés, des escaliers secrets, des placettes minuscules où le silence semble avoir une texture. On croise des portes anciennes, des balcons de fer forgé, des chats qui observent les visiteurs comme s’ils connaissaient l’histoire du lieu mieux que quiconque. 

Triora n’est pas seulement un village : c’est une atmosphère. Une respiration. Une incantation. Sans nos moteurs tout devient plus dense : le vent, les pierres, les murmures du passé.  On marche, on regarde, on écoute. Et l’on comprend que certains lieux ne se visitent pas : ils se vivent.

Nous quittons Triora lentement, presque en silence. La moto reprend sa voix, mais le cœur, lui, reste un instant en arrière. Le retour s’amorce sur la SP95, une route qui semble s’échapper des montagnes avec la lenteur d’un souffle. Les motos glissent, presque en apesanteur, comme si la journée elle-même nous accompagnait vers la mer. Puis la SP75 s’élève, et la montée vers Sella San Giovanni dei Prati devient un passage presque initiatique.
La route s’enfonce dans la forêt, et soudain tout se transforme. Les arbres se referment au-dessus de nous comme une voûte sacrée, une cathédrale végétale où la lumière tombe en éclats d’or et de cuivre. C’est une route qui ne se traverse pas : elle se ressent. Elle a cette profondeur mystérieuse que l’on retrouve dans les tableaux de deux maitres de la lumière et du sublime :
•    Turner, peintre anglais, qui faisait de la lumière un personnage à part entière. 
•    Caspar David Friedrich, peintre allemand du romantisme, qui plaçait l’homme face à l’immensité. 

a route s’ouvre ensuite, respire, et une bifurcation nous ramène sur la SP94, puis une autre sur la SP56. Les montagnes ondulent doucement, comme si elles nous guidaient vers la mer. On contourne San Romolo, accroché à son balcon de verdure, puis la descente s’accélère. L’air se charge de sel, de chaleur, de lumière méditerranéenne. San Remo apparait alors, éclatante, avec ses palmiers, ses façades pastel, ses parfums de ville côtière. On traverse ses rues comme un dernier salut à l’Italie, un clin d’œil avant de reprendre la grande ligne. La A10 nous attend, large, rapide, presque solennelle. La journée se referme comme un livre que l’on a aimé, avec cette fatigue douce et cette liberté encore vibrante dans les bras. 

Ce retour n’est plus seulement un trajet : c’est une peinture, une émotion, une manière de redescendre du sublime vers le quotidien. 

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Modalités pratiques

Rendez-vous : Dimanche 19 Juillet 2026 à la Concession de Nice Motorrad

  • Départ : 8h30 tout plein fait.
  • Retour sur Nice environ 18h incluant arrêt, repas, visite du musée des sorcières…
  • GPX :   Disponibles sous Myroute Groupe BMWMCF.COM DR Nice Alpes Côte d'Azur 2026
  • Trajet de 270km environ

Les repas sont à payer par chaque participant aux restaurateurs.

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S inscrireAmicalement

Michel BERARD 
Délégué Régional Nice - Côte d’Azur
nice@bmwmcf.com