Pour prendre la mesure des défis industriels que les ingénieurs ont eu à relever pour cette centrale, nous commencerons l’exploration par une expérience unique et immersive en réalité virtuelle : d'abord dans le téléphérique pour rejoindre la station de pompage de Pragnères à 1 700 m d’altitude, puis grâce à l’hélicoptère pour effectuer une tournée aérienne au-dessus des barrages d’Ossoue, au cœur du Parc National des Pyrénées et des lacs de la réserve naturelle nationale du Néouvielle.
Au-delà du fonctionnement de cette centrale emblématique et de ses métiers d’expertise hydrologique, cette « cueillette de l’eau en altitude » sera le fil rouge de notre circuit.
Après la théorie, la pratique : c’est en moto que nous rejoindrons les zones de captage précédemment observées en hélicoptère. Tous les lacs convergent vers la centrale via des conduites forcées sur près de 50 kms, parfois taillées dans la roche et le tout à 2 000 m d’altitude.
Un Parcours d’Exception en Haute Montagne. Par la route en moto, à l’Est de la vallée de Gavarnie, il nous faudra près de 100 kms à compter de la centrale, avec des cols à franchir : le Tourmalet (+2 115m), l’Aspin et La Hourquette d’Ancizan pour atteindre la réserve de Néouvielle et rejoindre les lacs de captage à 2 200 m. À l’Ouest, il faudra encore 50 kms depuis la centrale pour atteindre le lac d’Ossoue au pied du Vignemale, le plus haut sommet français des Pyrénées.
Ce parcours permet de prendre la mesure de l’ingénierie et des grands travaux réalisés, qui restent finalement peu connus. La visite de la centrale est le prérequis pour comprendre la dimension titanesque du chantier.
Le programme comprendra la visite de sites grandioses dans le parc national des Pyrénées comme le cirque de Gavarnie, le Pont d’Espagne ou encore la réserve du Néouvielle.
Histoire d’une Aventure Industrielle et Humaine
Le percement des galeries hydroélectriques de la centrale de Pragnères a commencé dès 1948. Ces travaux entrent dans le cadre des grands aménagements hydroélectriques de l'après-guerre par Électricité de France (EDF).
Ce fut un travail titanesque qui a mobilisé une main-d'œuvre importante et spécialisée dans le génie civil et le percement de tunnels. Après la défaite de la République espagnole en 1939, des milliers de réfugiés espagnols, souvent qualifiés, ont été massivement recrutés pour ce chantier colossal.
Le chantier de Cap-de-Long / Pragnères a vu jusqu'à plus de 6 milles ouvriers, venus de divers horizons, travailler dans des conditions difficiles et dangereuses pour acheminer l'eau des lacs d'altitude via un système de galeries souterraines. L'une des galeries, celle d'amenée des eaux du massif du Vignemale (barrage d'Ossoue), a une longueur de 10 kms et a nécessité d’énormes prouesses techniques.