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Un voyage est une façon de se remettre en question, une façon aussi de remettre en cause ses certitudes, d’accepter les différences et surtout de revenir meilleur que ce que l’on était en partant. Ne pas oublier non plus que ce que l’on ramène ne fait pas de nous un héros, que le fait d’avoir la chance de revenir doit nous rendre plus humble encore. Pour finir, que rien n’est plus important que ceux qui nous sont proches et que nous avons laissés chez nous, en partant. Cette certitude permettra de reprendre pied sans trop de difficulté dans un quotidien devenu pour quelques temps insupportable après tant de semaines à avoir vécu au rythme de la progression de la machine. Car c’est elle, la véritable, la seule héroïne de cette aventure. Elle, qui a su traverser des centaines de kilomètres de pampa, de déserts, de montagne (la cordillère des Andes, excusez du peu !) Allant de températures extrêmes de froid au chaud (prés de 45 degrés dans le désert d’Atacama). Tout cela avec une bonne volonté rarement prise en défaut. Quelques problèmes mécaniques dus en grande partie à la surcharge de la machine. En effet, le moteur, récemment réalésé pour l’occasion du voyage et sous l’effort important qu’on lui demanda connut quelques amorces de serrage. Il est fort probable que la cause en soit une insuffisance de jeu entre le piston et le cylindre. Le 1\10 de millimètre demandé lors du réalésage n’a peut-être pas été respecté. Le démontage lorsque la machine sera revenue nous en dira très certainement plus. Casse aussi de la broche de la roue du side-car, là aussi due à la charge importante emportée par la machine. Mais Dieu était encore sur ce coup avec nous et permit à cet incident de se régler de manière remarquable. Oui, elle n’est pas encore, à l’heure où j’écris ces lignes, revenue de son périple maritime qui la ramène de Valparaiso au Chili à Marseille d’où elle est partie il y a………….plus de 6 mois. Quelle moto tout de même. Lors de son achat, il y a plus de trente ans, un voyage en Amérique du sud avait été programmé pour elle. Métro, boulot, dodo, ce voyage ne se fit pas. ...ce n’était très certainement pas le moment. En tous les cas, pour elle, c’était surement trop tôt puisqu’il fallu plusieurs années pour qu’enfin elle soit capable de rouler dans de bonnes conditions, avec une fiabilité suffisante pour pouvoir envisager de longues distances et pourquoi pas, enfin, des voyages au long cours. A ce sujet, il faut rendre hommage à ceux qui ont été les artisans essentiels des renaissances en France de ces mécaniques, que ce soit Fabrice Bachelet ou Michel De Thomasson. Sans eux, nombres de ces machines, dont la mienne n’auraient jamais dépassé les limites de leur département d’adoption. De Bombay à Katmandou, de l’Iran au Pakistan, de la Sibérie au splendeurs du Turkménistan, cette vénérable machine avait donc fait la preuve que la solidité légendaire de ce modèle et de la marque n’était pas surfaite…………..Mais il y avait, pour enfoncer le clou un certain voyage en Amérique du sud, pour laquelle elle avait été achetée trente ans auparavant, qu’il lui restait à effectuer. Trente ans………….c’est tout de même un bail !!! Trente ans de vie commune où la machine a connu toutes les vicissitudes d’une vie mouvementée où les déménagements nombreux allèrent bien souvent de pair avec des changements radicaux de direction. Mais elle était toujours là, fidèle parmi les fidèles. De toutes les fêtes, de toutes les peines aussi. Comment peut-on tisser des liens aussi étroits avec un assemblage de boulons et de ferraille sinon parce que une bonne dose de métaphysique et de foi en des forces supérieures guident ce cheminement. Je sais bien que tout ceci a été bien souvent traité par d’autres par une incompréhension mêlée de sarcasme mais il est un fait que tout ce qui fut entrepris grâce à cette machine réussit. Alors, qu’une osmose particulière se soit tissée au fil de toutes ces années et soit la clef de la réussite cela ne peut être mise en doute…….N’en déplaise a ces gens de peu de foi !!!! Octobre 2007 : Véritable départ du voyage. Buenos-Aires en Argentine et son espèce d’autoroute qui impose à la moto un rythme que son moteur fraichement refait n’aime pas. Quelques trente kilomètres après être partis et c’est déjà une première amorce de serrage. Il y en aura d’autres mais celle-là fait office de symbole…….Seraient-ce les prémices et le signe annonciateur d’un voyage parti sous le signe des soucis mécaniques ? Mais l’heure n’est pas à se lamenter, même si l’angoisse devant les kilomètres à effectuer et qui ne font que commencer peut sembler légitime. Mais j’ai décidé de rester positif et après tout, deux ans et demi de travail et de préparation, cela ne peut être que couronné par le succès de l’opération…..La foi transporte les montagnes, n’est-il pas ? Descente plein sud vers la Patagonie. L’Argentine est désespérément plate. Le principal problème est cette route bordée de chaque côté par des barrières elles-mêmes fermées par de gros portails de bois verrouillés de chaines et cadenassés à souhait. De toutes manières, la plupart du temps, les haciendas sont trop éloignées de la route pour être aperçues. Une fois seulement il sera possible d’entrer pour trouver refuge auprès de Juan-Carlos, un gaucho comme on se l’imagine, cheval compris, qui nous fera goûter le plat typique de la pampa. Le « guiso carrelo », plat du pauvre qu’on partage avec les gens de passage, mélange de viande, de pates et de bouillon. C’est bon, c’est chaud et surtout, c’est offert avec l’hospitalité qu’on est dans l’obligation de donner au voyageur, à l’étranger qui à fait l’effort de venir jusqu’à nous. Chaque fois que je me rends dans des contrées lointaines, c’est toujours le même ravissement sur cette étonnante (pour des gens de notre culture) hospitalité qui fait d’un étranger un ami au bout seulement de quelques minutes. On ne se connaissait pas l’instant d’avant, on se quittera dans quelques heures, mais les instants passés ensemble, même si l’on n’a, plus jamais des nouvelles l’un de l’autre, seront gravées à tout jamais dans la mémoire. Heureux celui qui a pu connaître des moments comme ceux-là. S’il possède un tant soit peu de cœur, il a, à tout jamais une flamme intérieure qui ne s’éteindra plus. Sûr que la rudesse du pays doit influencer les mœurs de ses habitants. Néanmoins, jamais ne fut prise en défaut durant la traversée de l’argentine l’accueil chaleureux extraordinaire fait à l’équipage. Si la campagne est quelque fois monotone, les traversées de villes et villages ont été le cadre de rencontres merveilleuses. Comme notre façon occidentale de recevoir « l’autre »est empreinte de conventions lourdes et de maniérisme. Nous avons tant de choses à apprendre de ces gens simples et francs. Bien sûr, qu’il doit, comme partout, y avoir des problèmes relationnels quelquefois. Mais restons persuadés que nous devrions faire l’effort d’aborder les échanges humains avec bien plus de simplicité, peut-être cela améliorerait-il le mal-être de notre société repue……… Le vent de Patagonie est une chose qu’on n’oubliera plus non plus. Nos amis Marseillais nous font bien rigoler avec leur mistral…….C’est tout bonnement terrible. On s’imagine ce que cela doit donner, au large, à quelques kilomètres de la côte de la terre de feu, lorsqu’on doit franchir le fameux Cap Horn et que la tempête se déchaine. Souvent de trois-quarts face, cela oblige littéralement au pilote de se coucher sur la machine pour tenter de faire corps avec elle au maximum. Les rares fois où le vent violent venant de derrière pousse la moto, ce n’est pas vraiment plus confortable puisque le moteur ne possède plus l’afflux d’air indispensable à son refroidissement. Donc, dans un cas comme dans l’autre, la machine souffre et les bagages sont pour sa progression un obstacle à l’écoulement de cet ensemble trop massif. Sûr qu’il aurait fallu envisager une autre vision de cet aspect des choses avant de partir….Mais c’est ainsi, il est trop tard, il faudra continuer et tâcher de terminer de cette façon. Uschuaïa, ville mythique, à défaut d’être mystique. Première étape de ce voyage. Elle fut l’occasion d’une cérémonie en hommage à mon copain Jean-Pierre qui nous a quittés trop tôt. Jean-Pierre fut de tous les rêves de voyage, il fut présent à de nombreuses étapes de ma vie comme je pense l’avoir été pour lui. De ces instants privilégiés sont nés des sentiments entre nous que je crois personne ne peut même imaginer. Il est un fait que rarement j’ai pu partager une intensité de sentiment devant les évènements de nos vies respectives avec autant de vérité. Les voyages que nous avons vécus ensemble avaient toujours ce côté surréaliste que l’on doit en attendre. Celui sans quoi ceux-ci ne sont, au final qu’un déplacement d’un point à un autre, stérile et sans autre fondement que celui de pouvoir dire « j’ai fait tel pays ». Quelle prétention que de s’exprimer de cette façon d’ailleurs! Outre le fait qu’on a beau avoir traversé un pays, on ne l’a pas « fait », d’une manière ou d’une autre, on se doit, dans absolument tous les cas, d’être persuadé que l’on n’est que l’invité des gens qui veulent bien nous recevoir chez eux. C’est la moindre des choses. Une des nombreuses notions qui au-delà de ce qui nous différenciait étaient partagées avec mon pote Jean-pierre……..et c’est déjà beaucoup !!! Puis, ce fut la remontée plein nord, toujours confronté au vent terrible qui obligera à stopper toute une journée pour éviter de se retrouver en pleine tourmente à la nuit tombée au milieu de nulle part, sans possibilité de s’abriter de quelque manière que ce soit. Un peu plus loin, ce sera la ville d’El Calafate avec la visite obligatoire du fameux glacier Périto Moreno. C’est vrai que, en dehors du côté éminemment touristique du lieu, avec toutes les dérives que cela entraine, le spectacle est fabuleux et c’est encore un des rares endroits où un phénomène naturel de cette importance peut être visible quasiment de la route sans devoir faire partie d’une expédition compliquée. L’Amérique Latine possède quelques-unes des merveilles du monde qu’il faut avoir vues avant de mourir. Une autre d’importance étant les chutes d’Iguazzu, au nord de l’argentine, du côté Atlantique cette fois mais ceci n’est pas au programme. La pista cuarenta, cette mythique piste qui démarre d’El Calafate direction plein nord fait un peu peur. La machine est chargée, on l’a déjà dit, et sur la piste, elle risque bien de souffrir un peu. Néanmoins, il n’est pas question de lui refuser cet honneur tout à fait dans l’esprit des voyages qui s’effectuaient il n’y a pas si longtemps encore sur ce continent, quand les routes étaient le plus souvent des fondrières. Chaque pluie transformant d’honnêtes étendues en terre battue en d’épaisses gangues de boue qui implacablement happaient les roues des véhicules qui avaient cru en venir à bout. Là, il ne s’agit toute fois « que » de caillasses plus ou moins de taille respectable qui sous l’action des pneus sautent, autant sur les carters du moteur ou de la boite, au risque de les faire exploser que dans les jambes du pilote de la machine. Mais celle-ci est bonne fille. Elle arrivera au bout des presque 1000 kms que constitue la piste, d’El Calafate à San Martin de los Andes. Incroyable machine…….Rien ne semble l’arrêter. Il est certain que, même si les conditions de voyage sont rudes, elle est capable de plus encore. Les impératifs empêchent toutefois de prendre trop de risques. Dans quelques semaines, un rendez-vous important doit avoir lieu, à Lima, avec la seconde équipe des marseillais. Ils doivent prendre possession de la moto pour effectuer, début janvier 2008, une seconde partie du périple à travers le Pérou et le Chili. Et il reste encore beaucoup de kilomètres à parcourir avant d’arriver au lieu de la jonction……..Un peu à la manière de la croisière jaune d’André Citroën, toute choses étant relatives par ailleurs, ne nous trompons pas de genre tout de même et n’exagérons pas l’ampleur de la tâche à réaliser! Le nord de la Patagonie, à l’est de l’Argentine, en direction San Martin de los Andes permet de se rapprocher de la grande montagne qu’est la Cordillère des Andes. Grand moment tant attendu qui est celui où, pour la première fois la machine franchit ces hauteurs magiques. Oh, bien sûr, ce fut cette fois par un « petit » col sans commune mesure avec ce qui l’attend bien plus au nord. San Carlos de Bariloche, petite ville frontalière permit de faire encore la preuve si besoin était de la formidable hospitalité rencontrée en Argentine tout d’abord, puis au Chili et au Pérou par la suite. Spontanément, Mariano et Francisco permirent à l’équipage de se reposer deux nuits chez eux pour recharger les batteries avant de rejoindre le Chili. Un grand merci pour cette simplicité dans les relations humaines qui sont si agréables à trouver lorsqu’on est en situation délicate ou assaillis par la fatigue accumulée par les trop nombreux kilomètres ingurgités ; La première partie du Chili n’est pas très intéressante. Non pas que le pays manqua de charme, mais la seules route utilisable, la fameuse « Panaméricana » numéro cinco qui remonte du sud au nord du pays est une autoroute sans grâce et…………payante !!! Avouez qu’il est assez déplaisant de devoir retrouver la civilisation dans toute sa splendeur par le biais d’une artère de cette importance, en plein milieu d’un pays où l’on espèrerait trouver un peu d’imprévu. Mais bon ! y a pas le choix, faut y aller. La course vers le nord a au moins un avantage, c’est que la température remonte. C’est vrai que depuis le début, il n’a pas fait très chaud. Même la neige fut de la partie, à Uschuaïa et dans la première traversée de la montagne magique. Mais ici, ce sont les fruits multicolores et la végétation luxuriante qui rendent plus gais encore les paysages traversés. C’est à Los Angeles qu’arrive un incident qui aurait pu avoir des conséquences assez dramatiques……la casse de la broche de la roue du side. Celle-ci se produisit alors que la moto était arrêtée sur un parking de station service, à la sortie de la ville. On imagine sans peine les conséquences que l’incident aurait pu avoir s’il s’était produit à « pleine » vitesse où dans la descente du col dans la cordillère. Mais il est dit que l’être céleste veille sur nous. Incroyable tout de même que ce concours de circonstances. La machine est impossible à bouger et la nuit fut passée à côté d’elle, à même le sol du tarmac, entourée des camions arrêtés là pour goûter un repos bien mérité. Au petit matin, la broche cassée sous le bras, j’irai chercher un tourneur pour me refaire la pièce. J’avoue sans grande conviction au départ….Et bien, deux heures après, la pièce était refaite et remontée sur la moto. On rêve de trouver une fois rentré chez nous une telle rapidité de réaction lorsqu’on veut faire réparer nos vielles mécaniques (les autres aussi d’ailleurs !) Valparaiso, ville et port où la douceur de vivre donnerait bien envie de s’y installer quelques temps. Santiago, la capitale n’est qu’à 70 kilomètres néanmoins, ces grandes villes, la R12 ne les aime pas, mais pas du tout alors ! Elle préfère les grands espaces à ces agglomérations de véhicules plus polluants les uns que les autres. Nul doute que de belles et grandes choses auraient pu être vues ou visitées mais la perspective d’heures d’embouteillages avec un moteur qui chauffe à qui mieux-mieux n’est pas dans le programme. D’autant qu’après Valparaiso, une autre épreuve l’attends bientôt……la traversée du désert d’Atacama. A Antofagasta, on entre de plein pied dans la fournaise. C’est très impressionnant, on a l’impression de rentrer d’un coup dans un haut fourneau. Et d’un coup aussi, le moteur monte en température de manière incroyable. Avant un énième serrage, décision est prise de ne rouler que de 6h à 10 h 30 le matin et d’attendre la fin d’après-midi pour faire encore quelques kilomètres avant la nuit. Seule façon pour préserver autant que faire se peut la mécanique…..et ça marche !!! il a fallu dès lors meubler les longues heures d’attente (on apprécie dans ce cas d’avoir emporté de la lecture !) Arica, frontière entre le Chili et le Pérou. Il n’est pas prévu d’entrer au Pérou par la côte Pacifique mais par l’altiplano, bien plus à l’est. Mais, pour ce faire, il faut passer par un col important. 4800 m, excusez du peu. Là, il apparaît évident que, chargée comme elle est, la machine ne passera pas. Nouveaux choix à faire ! La moto sera déchargée et c’est uniquement avec son seul pilote qu’elle franchira la montagne pour arriver sur l’altiplano bolivien. Mais quelle récompense à tous ces efforts. Un paysage merveilleux fait de lacs superbes, de volcans en activité et d’animaux en liberté est au bout de l’épreuve de l’ascension. Véritablement, c’est là que débute le moment le plus important du voyage. L’altitude rends difficile la progression, le manque d’oxygène se fait sentir et l’organisme autant que la mécanique s’essouffle vite. Mais cette bécane, rien n’en vient à bout. Moyennant un petit réglage de la carburation, elle reprendra du poil de a bête pour parcourir les quelques 1000kms qu’elle doit effectuer à des altitudes variant de 4800 comme dit plus haut, à 3500 m. Rendez-vous compte tout de même que c’est comme si on avait emmené la R12 au sommet du mont-blanc………….quelle moto tout de même !!!!!! La Bolivie fut une courte étape, quelques 400 kms à parcourir qui permirent néanmoins de passer par la capitale La Paz. C’est une ville énorme située dans une cuvette avec des habitations qui courent tout le long des collines environnantes. Le cœur de la ville, comme d’habitude dédié au tourisme, les faubourgs étant eux « réservés » aux bidonvilles. La Bolivie est un pays pauvre, malgré ses richesses naturelles. A partir de cet instant, on peut mesurer l’écart, que dis-je, le fossé existant dans la répartition des richesses en ce bas monde….tout pour certains, rien pour les autres! Il arrivera bien un jour où tout ceci changera, où la justice se fera plus présente et où les pauvres de ce monde auront enfin la part qui leur revient. Espérons que celui-ci ne tarde pas trop…..Nous devons tous y travailler. Et ne nous y trompons pas, ce qui se passe à l’autre bout du monde nous concerne directement et notre façon de vivre se trouvera un jour où l’autre modifiée par la disproportion existant actuellement. Il vaudrait bien mieux en prendre conscience dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. C’est aussi pour ce genre de constat qu’on se rend ailleurs, pour se rendre compte et pour témoigner. Puis, ce sera le Pérou, toujours donc à de hautes altitudes, avec le passage obligé à Cuzco. De là, la seconde visite indispensable après le Périto Moréno fut celle du Machu Picchu, citadelle merveilleuse perdue au milieu de montagnes noyées dans la brume. « Un ensueno de trenta anos » un rêve de trente ans comme je me plais à le dire à qui veut bien l’entendre !!!!!!!! De Cuzco se fera la redescente vers Nazca et ses fameuses lignes, encore une fois à travers le passage de deux autres cols importants dont un à 4200m qui se fit sous une tempête de neige mémorable. La machine qui monte dans les bourrasques, le moteur hurlant en première durant 40kms de montée sévère où la neige épaisse limite la traction de la simple roue motrice. Une fois en haut, ce sera encore 80 kms à effectuer dans les congères, en essayant tant bien que mal d’éviter les camions qui, eux ne s’arrêtent pas de peur de ne plus pouvoir repartir .Tout en aspergeant copieusement de neige la pauvre machine qui a toute les peines à se maintenir sur la route. Mais elle est passée, là encore !!!!! Une fois en bas, Nazca et la chaleur retrouvée, avec bonheur cette fois. Au bout de la route, plein nord, c’est Lima, but final du voyage. Mais cette route passe par Pisco, l’épicentre du tremblement de terre qui à frappé le Pérou au mois d’aout dernier. Plusieurs mois après, malgré l’aide venue d’un peu partout dans le monde, les rues sont toujours jonchées des gravats que les pauvres maisons abattues ont laisse sur le sol. Les gens en sont toujours réduits à se loger sous des toiles de tente. Maigre consolation, il ne pleut que très rarement dans toute cette région, en revanche, cela ne fait qu’accentuer la poussière omniprésente et étouffante qui plane dans l’atmosphère. Conditions de vie des plus éprouvantes pour ces gens qui n’ont déjà que le strict minimum ……quand tout se passe bien………. Et ce sera l’arrivée à Lima. L’équipe des marseillais, Bruno, Claude et Roland doit débarquer la première semaine de janvier pour la relève et effectuer leur partie, au guidon de la si chère R12 et d’un autre side-car, une machine russe Oural. Il faudra aller la chercher au port de Callao situé à proximité de la capitale. Seconde partie qui doit leur faire retraverser l’altiplano Péruvien, grosso-modo par le même circuit que celui de l’aller, pour rembarquer la R12 à Valparaiso au Chili et lui faire parcourir une bonne partie du monde maritime pour retrouver cette bonne terre de France qu’elle aura quittée plus de 6 mois avant, si mes calculs sont bons. Il faut avant de passer le flambeau réviser la machine qui a dans les roues 12000 kms effectués sur les routes quelques fois difficiles du continent. La moto russe, elle, continuera sa route en Amérique du Sud pour une autre aventure que Claude et Monique vous raconteront très certainement à leur retour. Bon vent à eux, que tous nos encouragements les accompagnent……….. Suerte !!!!!!!! N’empêche, quelques soient les difficultés qui sont celles du monde réel, celui qui constitue notre quotidien, riche et chanceux est celui qui peut suivre ses rêves d’enfance. Il faut en être persuadé et s’en souvenir lorsque la médiocrité des relations humaines vous fait douter de vos choix………Ne rien regretter…………. jamais !!!! Hasta luego amigos Eric
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