Le Troph?e Max Persac 2007 par Christian Journiac

  LE TROPHEE MAX PERSAC 2007 DANS LA MEUSE (Christian Journiac)      

 Quand j'entends ce nom (de MAX PERSAC), je sais que la saison moto est moribonde.

La sortie du TMP est pour moi la dernière sortie avec le club, à ce moment de l'année, mes jours de congés ayant fondu au soleil de l'été comme les neiges du Kilimandjaro (Tiens, moi, d'un coup, j'ai envie de chantonner : "elles te feront, un blanc manteau, où tu pourras dormir, dormir....")

 Bon, on s'éloigne du sujet, n'empêche que maintenant j'ai cette chanson dans la tête !Je disais donc que cette sortie, il ne faut pas que je la loupe, et cela pour plusieurs raisons :- C'est donc la dernière (on le saura)- Cette année elle est organisée par des gens que j'aime beaucoup- C'est l'occasion d'aller dans l'Est de la France, contrée que je connais peu, la réputation de son climat n'engendrant pas chez moi cette poussée d'hormones qui me donne envie de chevaucher ma moto d'homme pour tailler la route dans cette direction ! Le bulletin d'inscription est rempli, le chèque est joint (hélas), il ne reste plus qu'à attendre. J'avais eu le plaisir de retrouver Dominique et Eric à VARS , nous avions parlé un peu du programme et sacrifiés moult pichets de rosé pour amadouer les dieux de la météo et notamment la déesse AMORA pour éviter que la moutarde ne leur monte au nez (ASTERIX, Le DEVIN, on a les lectures que l'on peut !)En effet, le facteur météo est important, VERDUN n'étant pas considérée, par moi, en tout cas, comme une ville balnéaire de première importance ! Départ de Clermont Ferrand, vendredi 21 septembre. Il fait beau et doux, c'est l'été indien depuis 3 jours en Auvergne. Je décide de ne prendre l'autoroute qu'à DIJON, pour profiter des routes plus sympa, car j'ai une idée en tête. Donc je roule jusqu'à DIJON. Ah pardon, vous vouliez connaître mon idée ! Je vais vous dire çà, si, si, je vois que cela vous fait plaisir et à moi aussi de toute façon !Et bien, en fait, je vais tirer à travers,  direction AUTUN,  récupérer la D973, qui au sud de BEAUNE, traverse les vignobles de MEURSAULT, JULIENAS, et POMMARD.Sur environ 30 km, vous roulez sur une départementale parfaitement revêtue qui serpente entre les coteaux couverts de vigne à perte de vue. La route monte et descend au rythme du vallonnement du paysage, c'est magique. Il ne faut pas aller trop vite, au-delà de 160km/h, on n'apprécie pas. Non, je déconne, il faut prendre son temps, d'autant que l'on traverse des petits villages vignerons dont les pancartes sur le bas-coté sont plutôt alléchantes. J'ai repéré un petit château, à POMMARD, qui a des chambres d'hôtes et dont le propriétaire est vigneron, je vous dis pas!!!!!!!!!!J'avais fait cette route au printemps quand le paysage n'était qu'un océan de vert tendre.Là, le feuillage des vignes commençait à tourner et l'ocre et le carmin prenaient petit à petit le pas, signant eux aussi, la fin de la saison !  Et oui, les enfants, sur 520 km de trajet, je n'ai retenu que 30 bornes de plaisir, mais je ne regrette pas (c'est mon coté Nicolas Hulot)Bon, c'est pas tout ça, mais il faut arriver. Direction autoroute, et roulez petit bolide au milieu des travaux et d'une noria de camions.Arrivée à COMMERCY vers 17h, je suis seul, ceux qui devaient arriver ce soir arriveront un peu plus tard, ceux qui sont là depuis le matin ne sont pas revenus de la première balade.J'en profite pour aller m'en jeter un petit en centre-ville et acheter des madeleines (ce serait quand même ballot de revenir sans, n'est-ce pas Josette!) en attendant que la joyeuse troupe arrive.Première soirée, celle des retrouvailles (c'est celle que je préfère)," comment est-ce que tu vas bien ?, t'as pas changé depuis la dernière fois, etc, etc.Après le repas, chacun va prendre ses quartiers, la fatigue de la route et la vie nocturne plutôt calme de Commercy, même si elle est égayée de temps à autre par la sonnerie du clairon de la caserne en contrebas n'incitent pas à aller "bouger son corps" jusqu'au bout de la nuit dans quelque lieu  de débauche ! Samedi matin 9HLes motos sont couvertes de rosée, le ciel est bleu et le soleil est en train de se lever,  YES, c'est trop cool !!! comme disent les d'jeun's  !Nous avons un programme qui tourne autour de la mémoire et cela risque d'être intéressant.Départ en file indienne derrière BETTY (et Dominique), Eric, lui,  jouant la mouche du côche, tantôt en fin de cortège, tantôt au début, surveillant la troupe en se servant de sa LT comme d'un trail! La route est belle et nous allons longer des canaux, l'eau y  semble parfaitement immobile et reflète les ramures qui ombragent les rives. Le soleil perce une brume légère et j'ai regretté de ne pas avoir pris des photos à ce moment-là, mais il est difficile de faire des pauses photos à chaque instant, je sais bien!!!Arrivée au mémorial de Verdun. Un guide nous attends.Bon, moi VERDUN, pas comme certains d'entre nous, j'ai pas connu (Allez, je déconne encore, dans notre groupe, quasiment personne n'a connu!!)J'y allais donc la fleur au fusil, mes bandes molletières autour de la taille (aie, je me suis trompé d'endroit pour les mettre), mon blouson couleur garance, et mon casque psychédélique.Et bien ça m'a calmé ! Le mémorial en lui-même est un musée de l'horreur et de la bêtise humaine, mais je crois que ce qui m'a fait prendre conscience de cette guerre c'est la visite que l'on a fait d'un village qui n'existe plus. C'est incroyable, il ne reste plus rien, plus rien, plus rien !On se ballade dans des rues qu'il faut imaginer, avec de temps à autre une borne en pierre qui indique ici un commerce, là, une exploitation agricole, ici l'école.Il y a juste un monument élevé à l'emplacement de la mairie, et encore plus étonnant, ces villages qui n'existent plus ont un maire, nommé pour 5 ans par le préfet!!!! Et tout autour cette foret dont le sol n'est que trous et bosses, c'est hallucinant ! Nous allons faire la pause de midi dans une ferme auberge ou un buffet froid nous attend. On va se gaver de pâtés, rillettes, tourtes, et autres légeretés avant de repartir pour la deuxième partie de cette visite, c'est-à-dire le fort de Douaumont et l'ossuaire.Lors de la sortie des Ardennes, j'ai écrit que la visite du cimetière américain de Montfaucon m'avait bouleversé, et bien je peux vous dire que pour moi, la visite du fort m'a également marqué.Quand on pense à ce que les soldats des deux pays ont vécu, c'est assez incroyable. Je vais vous dire la chose qui m'a tourné les tripes. C'est quand, après nous avoir fait une démonstration du bruit insoutenable que les soldats subissaient à chaque seconde quand un obus éclatait, nous sommes rentrés dans une chambrée. J'ai serré dans ma main un morceau du fer qui composait un lit et aussitôt j'ai eu en tête l'image d'un soldat, crevant de peur, pleurant de trouille qui tenait ce lit au même endroit que moi. Pour la première fois, je matérialisais leur abominable vie.Ce n'était plus un livre d'histoire, je ne pouvais plus être un touriste, j'étais au coeur de leur douleur. Quant à l'ossuaire,  qui symbolise une épée fichée en terre dont il ne sort que la garde et le pommeau c'est un lieu de recueillement, un tombeau pour 130000 soldats ( phrase inspirée du livre de Pierre GUYOTAT " Tombeau pour 500000 soldats". je ne lis pas qu'ASTERIX ! ) dont les ossements s'entassent derrière des vitres pour les voyeurs que nous sommes.Retour à Verdun pour se rafraîchir sur les quais de Meuse, puis retour à l'hôtelTout le monde se retrouve pour le repas dans une ambiance de réfectoire telle que je l'ai connue au temps de ma belle jeunesse, c'est-à-dire il y a peu. C'est à celui qui crie (je reste poli!!)  le plus fort et c'est dans ce déchaînement verbal plus proche du bruit que subissaient les poilus encasernés à Douaumont que d'une conversation de salon que sont remis les trophées du TMP;Moi, j'étais pas concerné, étant feignant comme une couleuvre, je n'avais fait aucun "roude-bouc" et donc rien fait tamponné non plus. N'importe comment, à la vue du recueil, que dis-je du mémoire "définitif" que  les deux Fréderic (GENTIT ET GONTTRAND)et  Gilles LAFAYE, nous ont ciselé,  on ne pouvait que s'incliner.Il y a eu un quizz, et là j'avoue que j'ai décroché un peu, mon cerveau étant arrivé à saturation. Les réponses ont été faites sous un feu roulant et la distribution de bérets (bandes de veinards ) ! déclenchait des explosions de joie dont le bruit devait être proche de l'éclatement d'un obus de 400mm.Fin du repas, j'ai la tête comme une pastèque et des acouphènes me font vibrer les tympans, Dieu, que le silence du parking est salvateur !Je lève les yeux au ciel, il a l'air dégagé et en pleine forme le bougre, excellent présage pour demain. Dimanche 9h BETTY sonne le départ pour NANCY, visite de la célèbre place STANISLAS au programme de cette première partie de journéeEt c'est parti. Eric, pour nous éviter l'autoroute et une arrivée problématique sur la ville (il a droit à 5% de perte, mais quand même !) nous ballade sur les chemins de traverse et nous permet, là encore de suivre le canal de la MEUSE, et de nous faire découvrir cette campagne meusiène à l'orée de l'automne. Comme hier, le soleil est présent derrière quelques couches de brouillard et nos motos serpentent dans cette brume, prémice d'une belle journée.Arrivée à NANCY, tout le monde est là, on débarque sur cette superbe place dont les grilles et les bâtiments qui la délimitent brillent de tous leurs ors. C'est un bel endroit et on s'accorde une petite respiration pour apprécier le coeur de la ville.Michèle, JP, Marie , JF et moi en profitons pour se faire une pause-café (noisette pour Marie) et visiter  la cathédrale qui franchement n'est pas terrible.Départ pour DOMREMY pour déjeuner. Eric passe devant, suivi de Dominique et de toute la troupe.Il y aura quelques hésitations et discussions au niveau de nos ouvreurs pour choisir la bonne route mais globalement nous y arriverons non sans avoir doublé une procession de pèlerins qui allaient avec la statue équestre de Jeanne d'Arc, prêtres en soutanes, chants religieux en tête alors que les jeunes de fin de cortège étaient plus intéresses par nos motos.Nous déjeunerons à coté de la basilique, servis par des élèves missionnaires qui nous chanteront quelques chants à la gloire de la fraternité mondiale.Le week-end se termine après ce repas, sauf pour ceux qui veulent se faire une dernière petite visite dans un site archéologique.Beaucoup partent donc et c'est dans un océan de larmes que je quitte des compagnons de route que je ne reverrai, normalement, que l'année prochaine, en Auvergne, pour l'AG.Salut, Michèle, JP, Marie, JF et bien d'autres, bonne route et gaffe à vous!Moi, je fais parti de la petite troupe qui continue et donc, Josette, Pierre, mais encore Philippe et sa copine, notre président, Dominique et Eric et quelques autres partons visiter le site romain de GRAND à quelques encablures.Vestiges impressionnants de l'amphithéâtre et surtout, étonnante mosaïque de presque 100m2 (pour la surface exacte voir avec Pierre) en parfait état.Notre président nous invitera à faire un petit détour pour voir une partie de sa collection de voitures et motos, y a du matos, ça c'est sur, avec de vrais petits bijoux (vous aviez qu'à être là, non mais!!).Et voila, cette fois-ci on arrive au bout, le reste du week end, c'est du privé!!!!!!!!!!!!   Alors que me reste il de tout ça.A part les photos, comme toujours, il reste les images que l'on aurait voulu figer mais que l'on a pas pu, des ambiances, et pleins de bons moments.Il reste de belles routes, le soleil sur les prés et, en tout cas pour moi, cette découverte palpable, même à 90 ans de distance, de la souffrance, et de la peur de ceux que certains considéraient alors comme de la piétaille.Et puis, il reste cette organisation impeccable (je sais, ils vont être gênés) de nos organisateurs. Grâce à Eric qui connaît les routes de cette contrée comme le fond de son camion (je suis même pas sur qu'il sache vraiment ce qu'il y a tout au fond du camion !) nous avons évité les routes sans saveurs. Dominique, elle, a géré le temps (certes quelquefois avec angoisse, c'est lourd de bouger 50 personnes) et essayait de cerner les itinéraires qui lui semblait aléatoires, n'hésitant pas à remonter la file pour manifester son étonnement par un coup de klaxon rageur.Bon, c'est vrai que pour rejoindre DOMREMY, ils ont failli en venir aux mains, mais au moins on a eu droit à notre procession !  Dominique nous a bien dit que c'était prévu dans l'organisation..... !!!! on va lui laisser le bénéfice du doute!!!L'avantage avec Eric c'est qu'il ne peut rien nous arriver. Vous lui donnez un bout de fil de fer et une pince à linge et il vous monte une k12lt. En plus, sous sa gouaille permanente, vous ne trouverez que gentillesse et dévouement, et promptement coatché par Dominique, la vraie patronne du week end,  nous avons là un duo d'enfer.Et je dis pas ça parce que j'ai envie de venir faire du jacuzzi (quoique!!!) Voila, les amis, je suis reparti lundi matin, j'ai retraversé mes vignes écarlates sous le soleil et rangé la moto. Le temps des grandes ballades est terminé, il me reste à mettre en ordre toutes photos prises depuis l' AG DU MORVAN, me souvenir de toutes les galères et autres bons moments passés avec les copains du club, bref, de faire, en feuilletant les albums de photos, comme dans le roman de Maurice RENARD, mon voyage immobile. Christian JOURNIAC 
 
Réalisation CJSolutions