2006-04 Maroc
Rouler

Balade Marocaine

 

la Carte d' This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it Photos de This e-mail address is being protected from spam bots, you need JavaScript enabled to view it Photos de Yannick et Marie-France

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Maroc 2006    

Pour certains le voyage au Maroc était une première, en ce qui me concerne c’est la 3ème fois que je m’y rendais. Les 27 motos et 39 pilotes et passagères avaient RDV à Sète à 15 heures sur le quai d’embarquement.

Pour un certain nombre d’équipage la liaison jusqu’à Sète n’a pas été de tout repos. En effet pour ceux qui sont partis la veille ou l’avant-veille de chez eux le climat ne s’est pas montré favorable : nombreuses et abondantes chutes de pluie et même beaucoup de neige pour ceux qui (j’en suis) traversèrent le Massif Central.
Après avoir fait étape à l’hôtel du Mont Aigoual à Meyrueis (bien connu d’un certain nombre de membre du club) j’ai pris la direction de Millau pour découvrir le viaduc. Après ce petit détour je repris la route pour rallier Sète sous un vent très violent.

Viaduc de Millau

Viaduc de Millau

Mardi 11 et Mercredi 12 Avril : Sète-Tanger

Tout le monde était à l’heure sur le quai d’embarquement mais malheureusement pas le bateau (le Marrakech Express) qui à cause d’une forte mer est arrivé à Sète vers 18h/18h30. Nous avons donc embarqué vers 22h30 pour un départ vers minuit. En attendant l’embarquement un sac repas nous a été servi vers 19h. Nous nous sommes donc “ restaurés ” dans la gare maritime (sandwich, pomme, bouteille d’eau).

Ce repas “ très consistant ” n’a pas empêché quelques “ gros ” mangeurs de s’attabler vers 23h pour le dîner servi sur le bateau.
Moment délicat de l’embarquement pour un motocycliste le sanglage de sa moto qui s’est fait visiblement d’une façon professionnelle mais non sans quelques inquiétudes car cela pouvait annoncer une traversée peut être mouvementée.

Embarquement

Embarquement

Après avoir récupéré sa clé chacun a pu rejoindre sa cabine soit en couple légitime, soit en binôme formé pour la circonstance (mais la morale est sauve…), soit en célibataire. Certains binômes se retrouvèrent après 7 années écoulées depuis le précédent voyage au Maroc avec le club (petite larme d’émotion).

Comme cela se fait sur ce genre de navire la responsable de la restauration nous réserva plusieurs tables pour tous les repas du 2ème service. Grâce à l’initiative de Yannick (dont nous fêtèrent l’anniversaire à bord) quatre de nos passagères dînèrent le 2ème soir à la table du commandant accompagné d’une partie de son staff : repas visiblement plus soigné que le notre.
Celles-ci essayèrent de glaner des informations sur le retard possible de notre arrivée à Tanger. Le commandant confirma le retard du à des problèmes de générateurs et de moteurs qui dit-il devraient ce résoudre environ dans un mois : trop tard pour nous.
La patience est une vertu appréciable quand nous sommes obligés de passer des heures sur un bateau. Les occupations ludiques aident à passer le temps : Sudoku, belotte, promenade sur les ponts.
Malgré des prévisions pessimistes la traversée s’est passée sans problèmes pour l’ensemble des participants mais quelques rumeurs et calculs GPS nous laissaient prévoir une arrivée tardive à Tanger.

Pendant la traversée

Jeudi 13 Avril: Tanger-Fès 307 Kms

Rumeurs confirmées : le débarquement s’effectua vers 18h. Les formalités de douanes toujours aussi curieuses nous font sortir du port vers 19h/20h. A cause de la nuit et pour des raisons de sécurité la liaison Tanger-Fès se fit uniquement sur autoroute d’abord jusqu’à la proximité de Rabat puis jusqu’à Fès. Le parcours fut ainsi rallongé de près de 100km mais nous avons roulé plus sereinement.
Le trajet s’est effectué en plusieurs groupes constitués au fur et à mesure de la sortie des formalités douanières. Nous sommes tous arrivés à Fès sans problème jusqu’à 0h30 pour les derniers. Un repas nous attendait à l’hôtel Batha qui était prévenu de notre retard, et après quelques tracas, nous pûmes abriter nos montures dans un parking initialement prévu mais hélas “ oublié ” par notre correspondant local marocain….

Vendredi 14 Avril :
Journée libre à Fès

Le matin à 9h nous avions rendez-vous avec un guide à l’accueil de l’hôtel pour visiter la Médina de Fès dont une des entrées était tout près de l’hôtel.

Fès et Tanneries         
Nous suivîmes le guide qui nous emmena dans les dédalles de ruelles bordées de minuscules échoppes spécialisées dans la fabrication ou la vente de divers objets ou denrées. Ces spécialisations sont regroupées par quartier : le souk des teinturiers, le souk des tanneurs (retenez votre respiration). Nous avons déjeuné dans un restaurant au cœur de la médina et l’après midi la visite continua en taxi pour voir les différents point de vue de Fès à partir des collines environnantes.

Le tissage

Silence le chef parle

Samedi 15 Avril : Fès-Errachidia 352kms

Petit déjeuner 8h pour un départ 8h30/9h. Les départs se font en groupe plus ou moins important comme pour tout le reste du voyage.
Dès les premiers kms la route s’élève régulièrement. Premières cigognes à Immouzer-Kandar (1350m d’altitude) puis nous poursuivons jusqu’à Ifrane crée dans les années 1930 : petite ville de type européen à 1650m d’altitude avec des villas entourées de jardins au milieu des arbres. Nous rejoignons Azrou à proximité des forêts de cèdres que nous traversons.

A notre programme une petite piste annoncée comme délicate que quelques uns ont emprunté ( les aventuriers du groupe en GS…). La route continue à s’élever jusqu’à atteindre 2178m au col du Zad. Ayant pris la décision de rouler le plus souvent seul (arrêt photo plus aisé) vers midi je m’arrête pour déjeuner à Midelt au restaurant de Paris pour déguster un tagine au mouton : le premier.
En quittant Midelt la route s’élève en lacet et après avoir franchi le Tizi-n-Talrhemt (col de la chamelle) se dirige vers la vallée du Ziz. Peu avant le “ tunnel du légionnaire ” la vallée se resserre pour rejoindre Errachidia par les impressionnantes gorges du Ziz.

Aux abords d’Errachidia un barrage forme un grand lac de retenue pour assurer l’irrigation de la région. Errachidia est une ville moderne ou l’hôtel Kenzi Rissani nous attend pour un repos mérité. Avant le repas du soir installation traditionnelle sur la terrasse près de la piscine pour déguster une boisson fraîche.

Dimanche 16 Avril : Errachidia-Erfoud-Merzouga-Erfoud 146kms

Le début du parcours continue à emprunter la vallée du Ziz. Après une vingtaine de km à l’entrée de Meski une petite route nous amène à la source bleue : pour la découvrir 5 dirhams sont nécessaire car nous entrons dans un camping aménagé sous une palmeraie. Le lieu est superbe et sans doute propice au farniente d’où la présence de nombreux camping cars. Après ce léger détour nous reprenons la route vers Erfoud qui s’enfonce sur un plateau désertique puis longe les gorges du Ziz agrémentées d’une impressionnante palmeraie.

Source de Meski

   
Après avoir traversé Erfoud nous nous dirigeons vers Merzouga pour y découvrir ses fameuses dunes (Erg Chebbi) hors-d’œuvre du Paris-Dakar. Malheureusement l’arrivée sur Merzouga coïncida avec la naissance d’un fort vent qui nous donna un aperçu de ce que peut être une tempête de sable. Quelques courageux continuèrent jusqu’aux dunes (toujours les GS’men, Marc et Dominique, qui furent avertis par les marocains avec lesquels ils sirotaient un thé à la menthe, qu’il était temps de rentrer avant la tempête de sable :
les 12 km de piste avant de rejoindre l’asphalte furent avalés rapidement ! ), d’autres s’attablèrent pour se rafraîchir et de toutes façons nous reprîmes tous la route vers Erfoud pour y déjeuner.
C’est lors du retour que nous sommes rendus compte de l’importance des vents de sable puisque la route entièrement dégagée à l’aller était maintenant partiellement recouverte de sable ce qui nous obligea à slalomer.
Après le déjeuner direction Hôtel Bélère ou nous nous sommes installés avec après midi libre, bloqués dans les chambres par la tempête de sable.

Rafraîchissement à Merzouga

Repas à Erfoud

Lundi 17 Avril : Erfoud-Ouarzazate 376kms


Comme la veille petit déjeuner 8h pour un départ 8h30/9h. Les départs se font toujours en groupe plus ou moins important.
Jusqu’à Tinidjad nombreuses traversées d’oueds et nombreuses langues de sable sur la route. Nous poursuivons jusqu’à Tinerhir en traversant des zones désertiques : magnifique. A l’entrée de Tinerhir nous prenons la direction des gorges du Todra d’une exceptionnelle beauté.

 

Vallée du Todra

Contrairement à mon précédent voyage (2001) tout a considérablement évolué. Il y a 5 ans la route s’arrêtait à l’entrée des gorges. Pour continuer il fallait franchir un gué et poursuivre par la piste. Maintenant le Todra passe sous un pont et une superbe route remplace la piste ce qui nous a permit de découvrir l’intégralité des gorges et de pouvoir continuer jusqu’au village de Tamtattouchte et même jusqu'à un plateau à environ 1800m d’altitude : paysage grandiose. Au retour nous avons déjeuné dans un hôtel restaurant à Tamtattouchte: le Baddou chez Ahmed Abaz ou l’accueil et la qualité du repas vaut le détour

Environ de Tamtattouchte

Chez Ahmed Abaz

Après le repas retour vers Tinerhir puis direction Boulmane. A la sortie de Boulmane vers Ouarzazate des kms d’agglomérations : la vallée des mille ksars. La route suit la vallée du Dadès pour arriver à Ouarzazate où l’Hôtel Farah Al Janoub terminait notre étape.

Mardi 18 Avril : Ouarzazate-Tarroudant 294 kms

A la sortie de Ouarzazate en direction de Marrakech nous longeons les studios Atlas ou de très nombreux films furent tournés (Astérix et Cléopâtre) puis après une vingtaine de kms nous prîmes une petite route pour découvrir le village de Aaït Benhaddou classé au patrimoine de l’humanité. C’est un extraordinaire entassement de constructions en pisé brun rouge qui se détache sur la verdure de l’oued. Ce ksar fait l’objet d’importants travaux de réfections (murailles, ruelles, mosquées) et fut le lieu de tournage de quelques scènes du célèbre film Lawrence d’Arabie de David Lean.

Aaït Benhaddou (ci-dessus)
Studio Atlas (à gauche)

Nous reprenons la route en sens inverse pour retrouver la direction de Marrakech que nous quittons après quelques kms pour nous diriger vers Taliouine puis Taroudant. Taliouine est située dans un cadre désertique grandiose de montagnes plissées où l’ocre de la terre se confond avec celle des bâtisses. Cette petite ville est reconnue comme étant le lieu ou l’on récolte le safran de meilleur qualité. Après Taliouine nous continuons vers Taroudant en traversant des étendues de plantation d’arganiers puis nous prenons une petite route à la place de la route principale plus courte mais très étroite.
Le croisement avec certains camions nous oblige quelque fois à prendre le bas côté en terre car visiblement ils ne sont pas décidés à faire de même. L’arrivée sur Taroudant se fait par la traversée d’un gué asséché puis l’hôtel Palais Salam se présente au milieu des remparts de la ville. L’heure d’arrivée nous permet de déjeuner sur place dans un magnifique environnement de verdure.

Tizi-n-Taghatine

Hôtel Palais Salaam

L’après midi une petite ballade en calèches nous emmène autour des remparts de la ville mais leur état nous oblige a faire des réparations de fortune : consolidation du support de l’auvent qui nous tombait dessus (soudure avec lunette de soleil comme protection !!!) pour l’une d’entre elle et réajustement du bandage de la roue avec un crochet métallique pour l’autre.

Réparation de fortune

Hôtel Salam : Tarroudant

Mercredi 19 Avril : Tarroudant-Essaouira 258 Kms

Les 80 premiers kilomètres sont sans grand intérêt jusqu’à la proximité de l’immense agglomération d’Agadir que nous évitons pour nous diriger vers Essaouira. Le contournement d’Agadir se fait au milieu d’une circulation très dense mais la route devient très vite beaucoup plus agréable puisqu’elle longe la côte Atlantique.

Après Tamri nous rentrons dans les terres au milieu des arganiers et au détours d’un virage des enfants me font signes, je les salue tout en continuant ma route. Quelques kms plus loin avant de me diriger vers le petit port d’Issouane et après avoir rejoint quelques motards, l’un d’entre eux me demande si j’ai vu les chèvres dans les arganiers. Répondant par la négative je fait demi tour et retrouve au même virage les même enfants: je m’arrête. C’est la que je comprends que les signes étaient en fait destinés à nous montrer ses chèvres acrobates dont ils étaient les bergers.

Les chèvres dans les arganiers

Les bergers

Après quelques photos je reprends la route jusqu’à Issouane puis Essaouira. A plusieurs nous déjeunons dans une petite boutique de pécheur sur le port en admirant puis en appréciant la fraîcheur de leur pêche. Le repas devait être accompagné d’un petit vin blanc servi en canette et très discrètement (alcool interdit de vente en dehors des hôtels) mais à cause d’oreille indiscrète un militaire nous accompagna pendant tout le repas en nous tournant autour, en surveillant partout et même sous les tables. Nous avons donc déjeuné sans vin blanc et le repas se solda par une note assez salée mais la qualité des produits nous aida à la digérer.

Jeudi 20 Avril : Essaouira-Marrakech 170 kms

Petite étape de liaison qui nous emmène jusqu’à Marrakech. A la sortie d’Essaouira un superbe point de vue s’offre à nous à la sortie d’un virage surplombant la ville, tache blanche se détachant sur la verdure environnante et la mer. Ce site d’observation étant probablement très prisé des touristes un chamelier vous propose de vous photographier avec votre propre appareil grimpé sur le chameau. Je souscris à la proposition.

Montée difficile sur la bête plutôt docile mais instabilité lors des déplacements et crispation très nette lors de la mise au repos du chameau. L’épreuve et les photos terminées je propose la traditionnelle petite rémunération au chamelier qui aussitôt la multiplie par dix ce qui fait quand même la modique somme de 10 euros. Lui expliquant qu’à ce prix la nous pouvons déjeuner en France il me rétorque qu’un chameau sa mange beaucoup. Trouvant la réponse assez bien vu je lui donne la somme demandée. Je repris la route pour rejoindre L’Hôtel Kenza à Marrakech : maillon faible des hôtels de ce voyage.

Essaouira

Le choc des civilisations

Nous avons été déjeuner dans un petit restaurant indiqué par une personne de l’accueil dans le centre ville à proximité de l’hôtel pour environ 5 euros. Ce restaurant a principalement une clientèle d’employés des entreprises environnantes.

Vendredi 21 Avril : Journée libre à Marrakech


Encore du changement : il y a maintenant une compagnie de bus à impérial assurant la visite soit du centre ville soit des extérieurs de Marrakech. Le ticket est valable 24 heures ce qui permet de nous rendre à tout moment d’un point à un autre, de visiter, et de poursuivre avec un des bus suivants.
Visite bien sur de la grande place Jemaa el Fna avec son agitation continuelle, des souks très colorés et bruyants où les négociations pour l’achat de souvenir nous laissent toujours une impression de s’être fait avoir. La dégustation du jus d’orange sur la place est incontournable.

Place Jemaa el Fna

 

la Koutoubia

Samedi 22 Avril: Marrakech-Meknès 453 Kms

Longue étape dans le Haut Atlas Marocains. De très longue ligne droite au milieu de plateau assez verdoyant au programme et présence de brouillard, journée plutôt fraîche. Déjeuner à l’Hôtel-restaurant de France à khénifra.

Dimanche 23 Avril : Mèknes-Tanger 306 Kms

Etape de liaison malheureusement en grande partie sous la pluie. Le site de Volubilis était sur notre route mais la pluie très dense n’était pas encourageante pour la visite que je devrai faire une prochaine fois. Quand a la ville sainte de Moulay Idris, de la brume la cachait partiellement.
La pluie s’interrompit et nous avons continué dans des conditions plus agréables. Mais l’arrivée à Tanger se fit de nouveau sous la pluie. Nous avons rejoint le quai d’embarquement et affronté de nouveau les démarches administratives toujours aussi stressantes.

Dimanche 23, Lundi 24 et Mardi 25 Avril : Tanger-Sète

Pas de surprise, comme à l’aller le bateau est en retard : toujours le « Marrakech express ». Dès le premier soir un certain nombre de passagers goûtèrent du charme du mal de mer. J’en fis partie et le dîner du 23 fut raccourci ou annulé pour de nombreux passagers. La position couchée en cabine trouva très rapidement un grand nombre d’adeptes. Des petits sacs en papier ont été mis dans les couloirs, signe qui ne trompe pas.
En ce qui me concerne le réveil fut accompagné de forte sueur mais ma décision de me rendre au petit déjeuner fut peut être bénéfique puisque la matinée puis le dîner se sont bien passés. L’assistance était quand même assez clairsemée. Malheureusement en fin d’après midi je sentais que quelques symptômes réapparaissaient. La encore je me suis décidé a me rendre au dîner mais à peine attablé je me suis senti soudain l’envie de courir très vite jusqu’à la cabine pour reprendre la position idéale. Le lendemain matin par contre, réveil normal et journée normale si ce n’est la vitesse du bateau qui laissait présager une arrivée à Sète en début de soirée, soit 8 à 10 heures de retard.
Enfin arrivé : le débarquement s’est effectué le mieux possible et nous nous sommes séparés sur les quais de Sète. Certains prirent la route directe du retour, d’autres s’arrangèrent pour coucher dans les environs et ne rentrer que le lendemain.

Nous pouvons cependant regretter un certain amateurisme du personnel chargé d’attacher les motos sur le bateau : notre ami Serge Beuter s’aperçu peu après avoir débarqué que sa moto était tombée durant le trajet retour. Les réparations s’avérèrent coûteuses et la compagnie Comanav refusa d’en prendre une partie à sa charge ; Pour cette raison , et à cause des horaires non respectés , il est clair que nous nous passerons de leurs services lors de notre prochain périple marocain.

Jean-Pierre Renault

 
Réalisation CJSolutions