Troph?e Max Persac 2008 C Journiac

 

 Compte-rendu du Trophée Max Persac 2008 raconté comme toujours avec humour par Christian Journiac.

A prendre toujours au 2e degré,car le bougre a de l'humour.

 Les photos sont dans la Galerie Photos.

 
Bonjour,
Petit délire verbal sur le TMP (Trophée Max Persac)
L'automne est arrivé et avec lui, outre les feuilles d'impôts et autre crise des subprimes qui a mis à mal mon énorme portefeuille boursier, il est revenu le temps des longues soirées à siroter un verre en refaisant le monde et à commencer à penser au dîner du réveillon de Noël.
Vous me direz que je m'y prends assez tôt, mais j'aime pas être surpris par l'événement et je me vois mal être obligé de mettre mes bottines sous un sapin dépourvu de boules, pour le coup c'est moi qui en aurait deux paires( poésie quand tu nous tiens !)
Je disais donc que je réfléchissais au menu de Noël, quand soudain j'aperçus, traînant sur le sofa, le bulletin d'inscription au TMP, trophée qui cette année, grâce à leurs doigts de fée, avait été organisé dans la Bresse par Christian ( Mes respects, Mr le président) et Patrick POYET. Euréka (vous saisissez l'astuce !!), me dis-je, mon menu, je l'ai : Je vais me faire un chapon et je vais, grâce au TMP, le choisir sur place.
Telle la ménagère moyenne de moins de 50ans (c'est pour les taux d'écoute) un premier jour de soldes, je me jetais sur mon chéquier et je m'inscrivais dans la foulée, d'une écriture pleine de mâle assurance, tout en précisant que je souhaitais partager ma chambre avec un motard non ronfleur. Ce ne sera pas pour cette fois encore, quoique la ventilation ronronnante de mon copartageant fut un doux zéphyr à comparer au bruit émis par un certain JM (il devrait se reconnaître) ressemblant plus à la LISON (relire la bête humaine) entrant dans le tunnel de SOTTEVILLE les ROUEN qu'à une respiration humaine.
Le dernier week-end de septembre arriva. La météo était optimiste et dans un élan de folie (est-ce le retour d'âge), je bouclais mes valises sans mettre la combine de pluie. C'est mon coté INDIANA JONES !
Comme cette sortie n'était que sur un week-end, le noyau dur de la CORSICA 2005 s'était donné rendez-vous le vendredi soir, histoire d'avoir plus de temps à passer ensemble. 
Pour venir à BOURG EN BRESSE, j'ai pris les chemins de traverses, escaladé les monts du Lyonnais pour couper à travers le vignoble du Beaujolais où les vendanges commençaient.
Et comme j' avais un peu de temps je me suis arrêté dans le superbe village médiéval de Chatillon/Chalaronne pour une pose ballade et photos.
Arrivé à Bourg vers 16h, soleil timide et hôtel d'excellente facture. En outre, la quasi-totalité des motos pourra dormir au garage, ce qui évitera d'avoir à essuyer la rosée du matin et d'en foutre partout, n'est-ce pas LOU PAPE, quand on a une éponge dégueulasse !  
Le temps de regrouper tout le monde, et direction le premier restaurant.
Arrivée discrète, comme vous pouvez l'imaginer, d'environ 70 personnes, dans la pizzeria. Nous nous asseyons, le temps de rendre chèvre le serveur qui vient prendre la commande de l'apéro, et re-branle-bas de combat pour aller au buffet d'entrée, toujours dans la plus grande discrétion ! 
Le plat chaud est servi à table. C'est du saumon et à voir sa résistance, c'est du saumon qui a vécu ! On sent le muscle qui a travaillé !
Pas de fromage !
Allez, il est temps d'aller faire dodo, d'autant que certains d'entre nous (succès de la manifestation oblige) doivent aller coucher dans un autre hôtel.
Demain est un autre jour !
Christian (pas moi) et Patrick avait donc concocté un week-end en Bresse, nom évoquant immédiatement le gallinacé qui a subit les derniers outrages pour nous régaler de sa chair tendre et blanche et si bien relevée par le parfum de la morille (hum, tout ça me redonne envie de boire un verre de Sauternes).
Nous allons donc nous balader pendant ces deux jours à travers l'AIN et le DOUBS contrées vertes  et où l'eau dispute sa place à la forêt. C'est le pays des DOMBES, avec moults étangs et cours d'eau et en le parcourant, je me remémore le film 'RIDICULE' ou un hobereau de cette région était monté à Versailles expliquer que les étangs de la Dombe faisaient le malheur de la paysannerie locale.
En tout cas, c'est pas un climat méditerranéen ! Samedi matin, avec le brouillard qui masquait un soleil en devenir, le thermomètre de la moto indique un petit 6°
Poignées chauffantes de rigueur et pour les plus chanceux (dont je fais partie !) siège chauffant. Comme le dira fort élégamment Dominique G., qui manie l'humour motard avec l'agilité et la finesse d'une dentellière ponôte (la, je vous laisse chercher !!)  comme ça quand tu arrives t'as les fesses qui sont prêtes !!!! 
Et c'est vrai, moi, j'ai calé mes petites fesses musclées au creux de la selle et j'ai fait mijoter à feu doux (il faut que ça cuise lentement pour rester tendre et goûteux !). Ainsi, j'ai pu profiter du paysage sans me cailler les meules, ce qui ne sera pas le cas de Patrick P qui me jalousera tout le week-end car sa selle, à lui, ne chauffait plus.
Nous sommes passés devant un élevage de poulets, et manque de bol, je n'ai pas pu repérer la chaponiasse qui allait m'offrir ses abattis sur la nappe en damas lors du réveillon.
Le premier jour nous amènera au lac de barrage de Vouglans après être passé devant les marmites de géants à Pont de Poitte. A ce propos, si vos roues vous emmènent du coté du Gard, allez voir les Cascades du Sautadet, c'est la même chose en dix fois plus impressionnant (on ne peut pas me taxer de chauvinisme, c'est pas chez moi !)
Arrivée au restaurant. Il ne nous reste plus qu'à attendre Claude et Nelly M. Ils arrivèrent (dans un bruit de tonnerre)  à l'heure dite pour ne plus repartir, vaincus par le transpondeur (me demandez pas ce que c'est, j'en sais rien, mais comme j'ai la même moto qu'eux, je suis flatté de savoir que moi aussi, j'ai un transpondeur, même si je sais pas à quoi ça sert). En tout cas ça doit servir à quelque chose, et justement ce jour-là, ça ne voulait pas servir ce qui fait qu'il fallut faire appel à l'assistance. Nos malheureux compagnons venaient de voir leur week-end foutu à l'eau. Remarquez ça tombait bien, de l'eau, à nos pieds, il y en avait quelques millions de mètres cubes !
Bon, on avale...............devinez quoi.................. : Le saumon ! Mais celui-ci, on le sentait, était plus coopératif, c'est le saumon de base, qui sait qu'il va passer à la casserole et qui y va de bon coeur.
Toujours pas de fromage !
Après-midi, '(en fait, il est 15h) direction St Claude et le musée de la Pipe et du diamant. Bon, là, j'ai deux solutions : Soit, je vous retranscris toutes les blagues, jeux de mots, métaphores, catachrèses, et autres contrepèteries, qui ont fusé, soit je reste soft et je vous dis que les conversations ont tourné autour du cul le restant de l'aprem. Je vais rester sur la deuxième solution ou un EUREKA seul n'y suffira pas!
Il n'empêche, c'est un vrai et bel artisanat, et toutes ces pipes offertes à la vue et donc à portée de bouche , ça vous ferez presque ouvrir les lèvres............. ( Ca y est, je m'y mets aussi !)  
Retour à l'hôtel et soirée remise du trophée dans un restau classe.
Bon, en arrivant, comme chacun veut manger avec son groupe de copains, on commence à mettre le souk en déplaçant les tables, puis, c'est le repas avec le chapon à la crème en vedette et voilà la remise du trophée.
Si vous avez lu mon compte-rendu sur le TMP 2007, vous vous rappelez sans doute que j'avais comparé le bruit de la salle ce soir là au bruit que devaient subir les poilus encasernés à DOUAUMONT;
La, pour faire plus couleur locale, je dirai que nous étions dans un poulailler au moment de la distribution du grain et lorsque Christian (c'est toujours pas moi), Dominique  et Philippe parlaient, l'ensemble des poules et des coqs partait dans une débauche de caquètements propre à une basse-cour embastillée.
Si tu veux un conseil, Christian (c'est encore pas moi); achète un mégaphone, tu n'as pas la voix d'un JAURES. Imagines, si il avait eu ta voix, il n'aurait pas harangué les foules, il aurait pas été assassiné et on aurait pas eu la guerre, on aurait loupé quelque chose quand même !
Bon, je m'égare.
Le jury a délibéré (mon oeil) et vous savez quoi ? Et bien, il y a eu  deux ex-aequos : les frères DORADOUX, grands voyageurs devant l'Eternel et dont les valises métalliques sont constellées d'autocollants aux armes des pays traversés (en voyant les valises, je vous dis pas comme cela a du être du 'pipi de chat' pour venir de la région de Chartres) et notre couple d'anglais , Lesley et Eric ARTHUR..
Et là , je dis non ! Et je pousse un cri de révolte. Car, franchement, Messieurs du bureau, vous avez la mémoire un peu courte ! Quid de Crécy, quid d'Edouard III Plantagenêt? Que faites vous de Nelson et de Wellington ? Non, là, franchement, offrir un trophée, en plus LE Max Persac, à des étrangers qui ont en plus la perfidie de rouler à droite (quand ils sont avec nous ) pour cacher leur basse extraction, s'en est trop ! Allez, un verre de grand bordeaux (Mouton Rotschild 86, il me reste quelques billets dans l'enveloppe) et un pavé de biche (le cerf c'est trop dur) pour faire passer cette injustice.
Le problème avec ces étrangers c'est qu'ils sont sympathiques, toujours de bonne humeur, discrets, et on le sent, ils transpirent la gentillesse et quel charmant accent! Le français semble n'avoir pour eux aucun secret et en fait, c'est la jalousie qui me fait écrire tant de mauvaises choses (vous croyez que je ne le pense pas, hé, hé, peut être et peut être pas) car moi, la langue de Henry de Burghersh (c'est trop simple de parler de shakespeare), je la maîtrise comme le macramé !
Toujours est il que nos quatre récipiendaires reçurent une pipe sculptée tandis que les concurrents malheureux eurent la joie de se voir offrir l'incontournable béret, symbole pertinent de la gestion des stocks des denrées non périssables et indémodables (là, faut voir !)
Bref, un petit mal de tête plus tard et une assiette de fromage absente plus loin, nous sortîmes prendre l'air dans l'allégresse générale tandis que notre ami Dominique P arpentait le trottoir en promenant sa pipe toute neuve et sa silhouette hichcockienne sous le ciel nocturne bressan, certes étoilé, mais néanmoins frisquet, ce qui nous conduisit à écourter nos discussions philosophiques sur l'évolution du moteur Boxer dans son univers spatio-temporel tout en tenant compte de notre dépendance au transpondeur cher à notre ami Claude M.
Quid de la journée du dimanche ? Bis répétita pour le caillage de meules (sauf moi et ma selle chauffante, rappelez vous !), arrêt devant un coq en acier qu'on aurait cru un vrai (ben oui, quand on sait pas comment c'est fait un coq !), passage devant un élevage de chapons en devenir (et m...e, encore loupé pour en charger un dans les sacoches, c'est vrai quoi,  on s'arrête jamais, le Patrick P, il est trop fier d'arborer son gilet jaune de chef, alors il roule, il roule, il roule. Pourtant gérer une file de 55 motos qui s'étire sur 2 km c'est pas bien compliqué !) A ce propos, je dois dire que c'est toujours pour moi un sujet d'enchantement de voir cette file de motos onduler sur la route. Tantôt, la file bien droite (ou à peu prés) s'étend sur une distance hallucinante et les matins, je trouvais superbe de la voir apparaitre ou disparaitre en fonction  des nappes de brouillard, tantôt, la route en virages succéssifs permettait de voir le début et la fin de la colonne. Je vous dis pas quand nous traversions les villages le succés que nous avions, succés surement beaucoup moins partagé par les automobilistes qui patientaient au stop en nous regardant passer avec des intentions peut être plus meurtrières. En outre, lorsque, en raison de l'étranglement des rues, la file devenait groupe, puis bataillon, avec tous ces casques, ces cuirs, ces chemises roses (ah non, je crois qu'il n'y en avait pas!), d'aucun aurait pu penser à l'arrivée des Huns conduits par ATTILA (je concède que la comparaison de Patrick P avec Attila est osée, Patrick porte le gilet jaune mieux que lui) lors de la bataille des champs catalauniques.   Arrivée bien groupir à Verdun sur le Doubs, bourgade charmante au demeurant qui somnole en regardant le Doubs passer mollement.
Restaurant avec salade et crêtes de coq en vinaigrette et le plat local : La Pochouse, sorte des soupe de poissons de rivière (Anguille, Tanche, Sandre, Brochet) avec une sauce à base de vin et croûtons frottés à l'ail (Merci Michèle J, sans toi, je ne me serais jamais souvenu du nom) et quand je dis frottés à l'ail, je plaisante pas. Pour les estomacs délicats, il valait mieux faire une ventilation avec la visière ouverte pour assurer le renouvellement de l'air. Moi, ça va, je le digère fort bien (c'est pas un estomac que j'ai, c'est un concasseur), mais il me semble que dimanche soir quand j'ai raconté mon week-end à un copain, il s'écartait un peu........
Il était pas loin de 15H quand nous sortîmes de table sans assiette de fromage.
Il était temps de se séparer, chacun repartant dans son sweet home (clin d'oeil à nos vainqueurs du TMP). Embrassades, émotions, drame de la séparation (non, là, j'en rajoute un peu), a bientôt, on se voit à Vendôme, oui, c'est super, non, ben à l'année prochaine, bref un vrai moment.
Comme il faisait super beau, je décidais d'accompagner Pierre et Josette M pendant une centaine de kilomètres en faisant un détour qui nous faisait traverser les vignes de Pommard.
Je vous avais déjà parlé de cette route lors de mon article sur TMP 2007. Là, ce fut encore plus magique. L'automne avait sévit et les vignes avaient toutes les nuances du rouge. Cela allait du rouge vif au rouge "sang de boeuf", en passant par le carmin, l'andrinople, l'incarnat et le vermillon,  il y avait des taches de rouille marquant l'avancée de la saison, et les murets séparant les vignobles flamboyaient sous les hampes de vigne vierge allumées par le soleil déclinant.
Les vendanges étaient commencées, et cette traversée fut un vrai régal pour les yeux (pour les papilles, ce fut loupé, le Pierre quand y roule, y roule, et la Josette, elle a failli ne pas pouvoir prendre la photo de la pancarte "Pommard" et j'ai cru que cela allait se terminer dans un bain de sang!) 
Nous nous sommes séparés un peu plus loin et je suis rentré en traversant le bourbonnais. Les prairies étaient aussi vertes que dans la Bresse, mais les charolaises avaient remplacé les poulets (c'est  blanc aussi et tout aussi bon, je vous assure !), et puis la chaîne des Puys a barré le paysage, le Mont Dore rosissait sous un ciel sans nuage et quand le soleil s'éteignit en haut des flèches de la cathédrale de Clermont,  je coupais le moteur de la k12gt. Je venais d'arriver. 
A bientôt
Christian (pas le président!)
     
 
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