BULLETIN NO 29 Alain ARNAUD 2009 05 10

 

 BULLETIN NO 29 Alain et Chris ARNAUD 10 mai 2009 : en Malaisie

BULLETIN NO 29 10 mai 2009

Tout est géant ! Les routes, les buildings, les tours, les
panneaux publicitaires… On peu même acheter ici une
bouteille d’eau minérale à deux heures du matin et à un prix
raisonnable… Il faudrait que les australiens viennent un peu
prendre des leçons de service ici. Nous venons de franchir
un nouveau cap dans notre voyage. L’Asie. La Malaisie plus
précisément et pour commencer.  Nous n’imaginions pas
vraiment ce pays. Nous ne savions, et nous ne savons pas à
quoi nous attendre. Notre première vision : la capitale.
Souvent on dit que la première ville d’un pays n’est pas
l’image de celui-ci. Trop tôt actuellement pour se faire une
quelconque opinion là-dessus. Mais c’est certain, en
visitant Kuala Lumpur, l’impression de gigantisme est bien
présente. Vue du haut de la tour des Télécommunications, la
ville s’étend bien plus loin que ne porte notre regard. Un
peu partout, des constructions qui rivalisent d’audaces
architecturales. L’exemple le plus proche, là, juste devant
nous, les tours jumelles Petronas construites à la fin des
années 90 par le géant pétrolier local. 452 mètres de
hauteur. Fantastique de voir ces deux tours couvertes de
verre et de métal poli qui changent de couleur au fur et à
mesure que la lumière évolue. Le soleil couchant les teintes
d’orange feu avant que la nuit ne tombe pour avoir face à
soi deux tours de cristal reliés par un pont à mi-hauteur.
Il semble que le pays veuille donner une image de modernisme
et de technologie de pointe. C’est réussi ! Il n’y a qu’à se
référer au circuit de Sépang où se déroule chaque année la
manche de Moto GP  de Malaisie, à quelques dizaines de
kilomètres au Sud de la ville, juste à côté de l’aéroport…
hypermoderne.
A propos de Grands Prix, la petite vingtaine de motos au
départ de chaque course fait pâle figure à côté du passage
d’un feu tricolore au vert en centre ville : Une nuée de
deux roues s’emble s’éjecter d’une imaginaire grille de
départ en laissant sur place les automobiles. Ici, le deux
roues en ville est roi. Honda l’a compris, et depuis bien
longtemps avec son 100 cc « Dream ». Au moins la moitié du «
paddock » !
Tout est fait pour le bien être des conducteurs de deux
roues. Des abris sont aménagés sous les ponts où le long des
routes pour que les motocyclistes s’y réfugient en cas de
pluie. Pas de péage pour les motos. Une magnifique déviation
est construite pour éviter chaque racket routier, et au cœur
de la ville, des parkings immenses sont réservés à ces
véhicules... Dis, Monsieur le gouvernement français, tu ne
pourrais pas prendre un peu exemple ?
Bon, nous parlons moto, d’accord, mais la notre dans tout
cela ? Eh bien figurez-vous, qu’à Darwin, en rencontrant
Graeme, le transitaire aérien avec lequel nous avons eu à
faire, nous avons rencontré une des rares exceptions
australienne, c'est-à-dire, une personne efficace (tout à
fait aux antipodes du concessionnaire BMW de la ville). Nous
doutions un peu quand il y a quelques jours il nous
annonçait que notre moto serait à Kuala Lumpur le lundi 27
au soir. Eh bien elle y était. Nous recevons même un fax à
notre hôtel à 23h00 pour nous en informer. La journée
suivante est donc consacrée à la récupération de notre
véhicule. Il nous faudra un après midi complet pour venir à
bout d’une administration douanière qui a l’air, avec sa
paperasserie, d’un serpent avalant sa queue (vous voyez de
quoi nous voulons parler ? La maison des fous, dans Astérix
et Obélix, ça vous cause ?).  Et la chaleur n’aide en rien à
supporter  cette inertie.
Une autre épreuve nous attendait sournoisement après la
douane. Retourner à l’hôtel par la route. Déjà, cette
dernière fait un long détour pour rejoindre la capitale.
Alors que l’aéroport est au Sud, à 75 kilomètres, nous
accédons à la ville par le Nord. A partir de ce moment il
nous faut oublier le format en damier des villes américaines
ou australiennes où il est si facile de se repérer et se
déplacer. Nous allons en faire tout de-suite l’expérience.
Même en ayant le point GPS, nous n’allons pas arriver à
rejoindre notre but. Nous allons bien effleurer une fois les
tourelles de style mauresques de l’ancienne gare transformée
en hôtel, mais nous n’étions pas sur la bonne voie.
Impossible de faire demi-tour. Nous enchainons les tronçons
d’autoroute qui traversent la ville en tous sens. Nous
essayons d’emprunter différentes sorties, mais toutes mènent
à une autre autoroute… A y perdre son sens de l’orientation…
La solution miracle, quand enfin nous arrivons à aborder un
endroit plus calme, consiste à demander à un taxi de nous
conduire. Et il passera par des chemins que jamais nous
n’aurions trouvés…
Il y a tellement de choses à voir, ici, à Kuala Lumpur,
qu’il nous faut y prolonger notre séjour. Nous passons de
quartiers hyper modernes à d’autres donnant l’impression que
tout va s’écrouler. Visites de temples chinois et indiens
qui côtoient églises et mosquées. C’est une des choses qui
frappe le plus le visiteur occidental en arrivant ici. Un
tel brassage de population et de religions et une telle
tolérance des uns vis-à-vis des autres. Une autre chose
saute aux yeux : La propreté de la ville. Propreté et
respect. Pas de dégradation, pas de graffiti, des bus, un
métro et des trains comme neufs, et, en parlant de respect,
la discipline des gens qui empruntent les transports en
commun. Tous attendent d’embarquer en faisant la queue. Ici,
on n’essaye pas de monter dans la rame de métro avant que
les passagers en soient descendus… Certes, tout ne doit pas
être au top, comme de partout, mais il semble que nous ayons
déjà là, quelques leçons à prendre…
Il est quand même temps d’aller voir un peu plus loin. Et
encore une fois, nous allons être surpris. Pas par les
paysages, pas par des constructions insolites, non, tout
simplement par la densité de la circulation et du fait, par
la longueur des bouchons (géants eux aussi) qui encombrent
l’autoroute qui file vers le Sud du pays. Nous avons prévu
de nous rendre à Malaca, à environ 200 kilomètres de route
de la capitale. En rigolant, on se dit : Tu vas voir qu’ils
vont tous à Malaca… Et bien pour rigoler, on rigole. Jaune.
Car quand enfin nous arrivons à la brettelle de sortie vers
la fameuse ville, elle est complètement bloquée. En effet,
tout le monde c’est donné rendez-vous ici. Et du coup, nous,
nous faisons l’impasse. Il ne nous reste plus qu’à aller un
peu plus loin. On vient juste de se rendre compte que nous
sommes le 1er mai, et que, mondialisation oblige, ici aussi
c’est la fête du travail et jour férié. Accolé à un
week-end, cela explique ce flot de voitures continu. Et
cette situation va contrarier nos projets au cours des jours
suivants. Hôtels complets et dont les prix flambent, zones
inaccessibles à cause de la circulation trop dense vont
chambouler notre programme  touristique. Du coup, nous
roulons. Nous roulons vers la Thaïlande sans voir grand
chose de la Malaisie. Une exception : Le lac Chini semble
épargné de cette frénésie touristique. Une nuit au calme sur
la berge du lac nous conviendrait bien. Nous comprenons à
notre arrivée pourquoi nous y sommes pratiquement seuls :
Des travaux de bétonnage des lieux sont en cours. Tout est
sans dessus dessous. Décidément, quand rien ne veut marcher,
rien ne marche. De plus, nous avons renoué avec nos
rendez-vous quotidiens avec la pluie. La saison humide
semble jouer les prolongations et nous en profitons à
nouveau pleinement.
Avec tout cela, nous sommes passés du détroit de Malaca sur
la côte Ouest à la mer de Chine à l’Est. Pour se faire, il a
fallut franchir une mini-chaîne montagneuse  et des
kilomètres de plantations de palmiers qui recouvrent les
collines. Si nous avons oublié les kangourous, ce sont
maintenant les singes qui les remplacent. Même si ces
derniers semblent plus prudents quand ils décident de
traverser la route, nous en voyons quelques uns qui frôlent
les roues des voitures que nous suivons.
Ce week-end à rallonge semble propice aux rassemblements de
motos. Nous en croisons des groupes imposants.
La visite du parc national Taman Negara faisait partie de
nos projets de visites. La météo et l’isolement du site nous
y font renoncer. Nous nous voyons mal aller marcher dans la
jungle alors qu’il fait 35° et 90% d’humidité. Déjà sans
rien faire nous nous liquéfions…
Il semble que notre visite de la Malaisie soit amputée du
meilleur au risque d’être quelque peu écourtée.

Les différentes informations que nous recevons depuis
quelques temps n’incitent guère à l’optimisme pour la suite
de notre voyage. Problèmes récurrents à Bangkok, situation
tendue au Pakistan, agitation au Népal, jusqu’à la Turquie
qui a voté récemment une loi limitant la vitesse des motos à
78 kilomètres /heure…  Et nous ne pensons pas encore à
l’Afrique…

Avec tout cela, nous nous rapprochons vite de la Thaïlande.
La route le long de la côte de la mer de Chine est encombrée
d’agglomérations et d’un trafic dense. Il y a quand même une
visite incontournable que nous allons pouvoir faire. Il
s’agit d’abandonner la moto quelques temps pour se rendre
aux îles Perhentian. Genre paradis sur terre, ou plus
exactement sur l’eau. Bon, l’accès aux îles est, nous allons
dire, « sportif ». Bateau rapide pour rejoindre notre
destination « en 30 minutes » qu’ils disaient. En guise de
bateau rapide, il s’agit en fait d’une grosse barque pouvant
accueillir une quinzaine de passagers. L’originalité
provient des deux énormes moteurs accrochés à l’arrière de
l’embarcation (il semblerait plutôt que ce soit la barque
qui soit accrochée aux moteurs). Deux V6 de 200 chevaux
chacun. Vous avez dit rapide ? La barque vole carrément sur
l’eau ! Heureusement, ça ne dure qu’une demi-heure…
Une fois débarqués, nous pouvons apprécier le charme des
îles. Calme, balades le long des plages, eaux cristallines,
soleil, cocotiers… Et si en plus, vous avez la bonne idée de
mettre un peu la tête sous l’eau, alors là, c’est le gâteau
sous la cerise. Vous vous trouvez immédiatement dans un
immense aquarium surpeuplé de poissons multicolores et de
toutes tailles qui évoluent sur un fond tapissé de corail et
autres plantes aquatiques polychromes. Inutile de dire, qu’à
ce train là, le temps passe vite.
Notre séjour en Malaisie touche déjà à sa fin. Nous faisons
escale à Kota Bharu, à quelques kilomètres de la frontière
de la Thaïlande. Hors de question toutefois de franchir
cette dernière ici. Les troubles régnant côté Sud Est de la
Thaïlande vont nous obliger à faire un détour de 400
kilomètres pour revenir sur la côte Ouest et vers moins de
tumultes. Bizarrement, c’est à partir de cette journée de
route que nous allons enfin et vraiment avoir le sentiment
de nous trouver en Asie. Rizières, montagnes recouvertes de
jungle, panneaux indiquant la présence possible d’éléphants,
camions fumants… Tout concourt à nous transporter hors d’une
Malaisie finalement tellement multiethnique, quelle en perd
tout caractère particulier, toute identité et spécificité.
Visas en poche qui nous offrent un séjour de deux mois en
Thaïlande, nous nous apprêtons encore une fois  à procéder
aux formalités douanières.
La moto fonctionne toujours aussi mal à bas régime ; il nous
tarde de savoir ce que va nous réserver la suite de notre
voyage.

A bientôt et bonne continuation !

Chris et Alain
www.motards-nomades.com

 
Réalisation CJSolutions