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L'AUSTRALIE ENFIN Cette newsletter a tardé à vous parvenir simplement parce quil semble que lAustralie soit encore à la préhistoire dinternet. Très rares sont les campings ou motels équipés de la wifi, et quand cela est le cas cest souvent à des tarifs prohibitifs (du genre 5,50 euros pour une heure !). La çà devient une histoire de gros profits et nous ne pouvons pas nous permettre de dépenser de telles sommes pour une simple connexion qui partout dans le Monde ne coute pratiquement rien.
Nous avions dit que nous prenions la route quoi quil arrive, et bien cest ce qui se passe. Mais une chose est sûre, il fallait vraiment que nous ayons un rendez-vous chez le concessionnaire BMW de Port Macquarie, à 320 kilomètres de Yamba, pour se remettre en route. Pluies diluviennes, champs et maisons inondées, rivières qui affleurent les tabliers des ponts que nous franchissons en nous disant à chaque fois que nous avons encore eu de la chance de pouvoir passer, routes recouvertes par des flots descendant des collines ou des champs de canne à sucre où, croiser un camion devient un problème tellement les vagues formées par le passage dans leau de gros véhicules sont hautes et pourraient provoquer des dommages à la moto. Vraiment pas un jour à en faire
de la moto
Quand nous arrivons à destination, en fin de matinée, nous sommes complètement trempés. Les combinaisons de pluie nont rien pu faire face à ce déluge. Nous oublions vite lidée daller planter la tente au camping et nous réfugions dans une chambre de motel voisin du motociste. Lintervention sur la moto est rapide. Changement du gros roulement de couple conique qui est un des points faibles de cette moto. Après plus de 70 000 kilomètres de routes pas toujours très bonnes, il nous tardait de pouvoir faire changer cette pièce avant davoir un problème au milieu de nulle part. Une fois nos vêtements passés dans le sèche linge, rejoindre Sydney nest plus quune formalité. La pluie a cessé de tomber et au fur et à mesure que nous avançons, les nuages sestompent. Et, coup de chance, nous arrivons sur les bords de la baie de Sydney sous un soleil radieux. A coté du très connu Harbour Bridge, doù est tiré le premier feu dartifice du Monde chaque premier de lan, les toits en forme de voiles du célèbre opéra brillent de mille feux sous la lumière du soleil couchant. Notre escale dans cette ville sera brève. Le temps de résoudre un dernier problème dappareil photo, de faire un petit tour dans le centre de la cité, non sans avoir dégusté une bonne glace sur une terrasse de Darling Harbour (ancien quartier des docks réaménagé dans les années 80 et où se trouvent aquarium, musée naval, et bien dautres attractions), et nous continuons notre route vers le Sud. Cest après Wollongong, que nous bifurquons un peu vers lOuest pour nous hisser sur un plateau à quelques 700 mètres daltitude. La route qui nous conduit sur ces hauteurs emprunte un passage à travers une forêt, où, à notre passage, les grandes feuilles des fougères arborescentes viennent nous effleurer. Le Macquarie Pass. Dix kilomètres de route étroite et extraordinaire à flanc de montagne où conduire une moto est un vrai bonheur. Un seul regret : Nous pensions bien quà loccasion de notre passage, la route serait fermée pour que nous puissions en profiter pleinement. Ils ont dû oublier
Le paysage change complètement. Alors quà quelques kilomètres dici nous nous demandions comment il pouvait y avoir des restrictions deau avec ce qui nous tombait sur la tête, après avoir avancé un peu sur cet immense plateau, les arbres se font rares et lherbe sèche est jaune. La majeure partie du temps, nous faisons escale dans des campings. Depuis notre départ, nous sommes rodés quant au montage et démontage de la tente, le chargement de la moto est réglé comme du papier à musique. Chaque chose, depuis le temps, a trouvé sa place. Seul le décor et lenvironnement changent continuellement. Et ce matin, ce sont des kangourous qui sont à proximité de notre tente pour nous souhaiter une bonne journée. Et du coup, nous la commençons par un safari photo ! La route, la Hume freeway, traverse dimmenses étendues dherbe séchée et parsemées deucalyptus odorants. Lessence que la chaleur fait dégager à ces arbres teinte lair dun bleu léger. Alors que vaches et kangourous se tiennent à lombre, un tourbillon de poussière affole un troupeau de moutons. Souvent quand nous traversons un village, une nouvelle curiosité sert de prétexte pour nous arrêter. Cette fois, cest un mémorial dédié aux chauffeurs routiers morts sur la route et édifié à grands coups de publicités, un peu plus loin, cest un sous-marin posé sur la pelouse
Chaque arrêt est mis à profit pour se réhydrater en plus de se reposer un peu. Il commence à faire chaud. Le thermomètre fleurte souvent avec les 40°. En franchissant la Murray River, le plus grand fleuve dAustralie, nous changeons dEtat. Des bateaux à aubes naviguent sur le cours deau bordé de grands arbres dans lesquels vivent de bruyants cacatoès. Les kilomètres défilent et nous approchons de Melbourne. Alors que nous traversons lEtat du Victoria qui vient dêtre ravagé par dimmenses incendies de forêts ayant causé plusieurs dizaine de morts, nous avons la chance de ne pas croiser les régions touchées par cette catastrophe. Avec locéan qui approche, lair se rafraichit sensiblement. Notre étape dans cette ville est loccasion dune rencontre avec Didier. Français qui a effectué un tour du Monde à moto il y a quelques années, il est resté ici pour exercer son métier et faire déguster aux Australiens la pâtisserie française. La semaine perdue à Brisbane contrarie nos projets. Nous ne pouvons plus aller en Tasmanie avant le grand prix de Superbikes qui doit se dérouler le week-end prochain à Phillip Island. Notre départ pour lîle aux diables est reporté au 2 mars. En attendant, nous passons une journée au milieu des tours de béton de la citée dont les rues sont sillonnées par dantiques tramways. Une journée en ville est bien suffisante pour nous. La Grande Route de lOcéan, à proximité, nous tend les bras, ou plutôt son goudron. Route construite au début du siècle dernier par des soldats rescapés de la « grande guerre », elle relie Geelong à Port Campbell, tantôt en surplombant locéan, tantôt en plongeant au cur de la « rain forest » de lOtway National Park. Plus précisément, un paradis pour motards ! Les haltes y sont toutes plus exotiques les unes que les autres. Cacatoès blancs à la crête jaune qui semblent se disputer constamment la moindre branche où se poser en poussant de grands cris, oiseaux multicolores qui paraissent sêtre échappés dun livre de contes pour enfants, kookaburra qui adore se faire photographier, et, clou de la visite, comme pourrait le dire un guide de musée, les koalas. Espèce protégée, ces animaux sont très difficiles à voir. En général, nous ne voyons dailleurs que la signalisation routière qui nous prévient de leur éventuelle présence. Or, là, pas de panneau. Par contre, les koalas, eux, sont bien là ! Et en nombre. Une fois que nous avons compris comment les trouver, il suffit de lever les yeux ou décarter quelques branches pour voir ces « peluches » coincées entre des branches pour y dormir. Ce qui est formidable ici, cest que tous ces animaux, aussi sauvages soient-ils, viennent vous manger dans la main ou se laissent approcher de très près. Notre escapade va nous conduire jusquaux « Douze apôtres », (pitons rocheux qui émergent de locéan le long dune impressionnante falaise), avant de devoir rebrousser chemin pour nous rendre à Phillip Island ou, pingouins « fairy » et le Grand Prix nous attendent. Un bateau nous évite de faire tout le tour de la baie de Melbourne. Cest une chance car cette fois, le thermomètre affiche plus de 40° et rouler dans les embouteillages dune grande ville avec nos équipements relève plus dune corvée que dun quelconque plaisir. Nous élisons domicile à Cowes. La « grande » ville de lîle. En cette période de course de moto sur le circuit voisin, elle prend un peu des airs de Cuges-les-Pins et du Beausset à lépoque des grandes courses sur le circuit Paul Ricard ou de mini Daytona avec ses vendeurs daccessoires motos dans des boutiques éphémères. Une chose est frappante ici, à lautre bout du monde, cest le nombre de motos européennes. Il est étonnant de voir toutes ces Ducati, Triumph, Aprilia, KTM, Moto Guzzi, Benelli, Laverda ou autres BMW sans oublier les prestigieuses MV Agusta (un véritable répertoire des marques actuelles !) dont on dirait quelles sont fabriquées pour lAustralie exclusivement tellement il y en a. En attendant dimanche pour une immersion complète dans le monde de la moto, il est temps de rendre visite à la colonie de pingouins qui vivent à la pointe de lîle. Pour y aller, il faut être vigilant. De nombreux petits kangourous très vifs, et au pelage foncé, sautent dans tous les sens dans lherbe haute et
sur la route. Les trottoirs construits le long de la falaise nous permettent de traverser la zone de terriers des pingouins sans en déranger leurs habitants
quand ils y sont
Car cette fois, personne. Les derniers nés étant en âge de nager et de se nourrir seuls, tous sont à la pêche. Ils ne rentreront quà la tombée de la nuit, quand le site sera fermé au public
Pour les voir, il faut aller un peu plus loin, attendre la nuit et payer avec interdiction de photographier ou filmer! Dimanche matin, nous sommes sur le fameux circuit de Phillip Island, qui surplombe locéan. Site sublime qui permet de faire des photos magnifiques quand il est sous le soleil. Mais, comme nous sommes ici, ce début de matinée nous apporte un peu de pluie. Il en est ainsi. Sil ne nous pousse pas des nageoires avant la fin du voyage, nous aurons de la chance ! Cest au fil des courses très disputées de ce premier « grand prix Superbikes » de lannée que la météo se met au beau, pour nous laisser quitter lîle sous un soleil radieux. Une étape de plus à Melbourne, le temps de se préparer pour notre départ vers la Tasmanie. Comme un immeuble qui se détache de la ville, le Spirit of Tasmania, à bord duquel nous avons embarqué vient de larguer ses amarres pour sengager dans le chenal balisé par des bouées lumineuses qui donnent un air surréaliste à la grande baie de Melbourne. Le navire semble glisser sur leau dans un rare silence. Avec la nuit, les tours de la ville se sont illuminées et brillent de mille feux avant de disparaitre à lhorizon. Dans le garage, la moto est sanglée avec des dizaines dautres motos. On se croirait presque sur le bateau qui conduit les motards sur lîle de Man à loccasion de la plus vieille course de moto au Monde : le Tourist Trophy. Il ne nous reste plus quà rejoindre notre cabine pour y passer la nuit pendant que le bateau traverse le détroit de Bass. Détroit ou deux océans (Pacifique et Indien) se rejoignent et saffrontent. En plus, comme si cela ne suffisait pas, la météo a annoncé des vents violents pouvant atteindre 150 kilomètres/heure dés demain. Mais dici là, nous serons certainement en train de rouler sur la terre ferme
Nous ne manquerons pas de vous faire partager ces paysages que les européens nont découvert quil y a deux petites centaines dannées.
Amitiés
Chris et Alain www.motards-nomades.com
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