SEMAINE PYRENEES aout 2008 par Christian JOURNIAC
Lundi 25 Août.Confortablement assis à la table du restaurant "Les délices du Lys" dans la vallée du même nom, sous un soleil hésitant et au milieu de mes amis, je dégustais benoîtement ma cuisse (saignante) de poulet basquaise, accompagné d'un riz que j'aurais pu déguster à la baguette tant il était collant (et pourtant Dieu sait si je ne suis pas doué pour cet exercice oriental), quand je sentis peser sur moi, la main virile (mais néanmoins amicale) de notre guide Claude MALOU.J'avalais précipitamment ma bouchée ce qui ne fut pas une mince affaire tant les éléments à ingurgiter ne présentaient pas un coefficient de pénétration très efficace et tout en m'étranglant, j'émettais un faible "OUI" interrogatif. Notre G. O. me demandait si je pouvais commettre un article pour EUREKA concernant cette semaine à ce moment précis encore en devenir.Je lui répondis que mon emploi de sous-secrétaire d'état auprès du ministre  chargé de l'inspection des pylônes me laissait peu de temps, remarque qu'il balayat d'un mouvement de bras emprunté  à la gestuelle des empereurs romains tout en me glissant subrepticement une enveloppe dont le contenu fait d'un paquet fort volumineux de coupures de 200 euros finit par me convaincre et surtout assurait mon confort durant les dix prochaines années.C'est d'ailleurs un toast de foie gras dans une main et un verre de Château YQUEM 1947 dans l'autre que j'écris ce texte, ce qui n'est pas une mince affaire, reconnaissons le. Des mauvaises langues diront que j'écris avec mon pied, je vous assure que non, réservant à cette extrémité des emplois que la décence m'interdit de révéler ! Mais trêve de tergiversations et enfourchons la moto.Léger retour en arrière.Dimanche en Auvergne, il fait beau,  les valises chargées la veille alourdissent la moto, il est 9h et le soleil sèche la rosée des roses trémières du jardin d'agrément qui jouxte mon immeuble.Pas grand-chose à dire, je vais avaler environ 600km de trajet dont 550 d'autoroute sous un soleil de plus en plus performant et le thermomètre embarqué sur la moto affiche un 35° de bel acabit dans la banlieue toulousaine.Après avoir jardiné un peu pour trouver l'hôtel, j'engageais enfin la moto dans l'allée amenant au perron du centre. Je fus accueilli par  LOU PAPE qui prenait le frais sur un banc, les mains bourgeoisement croisées sur son petit ventre ! Aprés les civilités d'usage réservés aux gens de qualité, il m'indiqua fort courtoisement la reception.Remise des clés, montage des valises, déballage de leur contenu, rangeage dans l'armoire et lavage sous la douche dans une baignoire pas sabot (et oui, Josette!). Ca fait du bien.Il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée des autres participants en se posant un peu.La soirée débutera par un apéro de bienvenu avec force kir à la violette (et à mon avis, il devait y avoir eu récemment un arrivage de violette à écouler rapidement !!) et présentation de l'équipe qui veillera à nos moindres désirs pendant cette semaine.Puis au dodo, la journée a été longue, et le confort (si,si) de mon lit m'incite à mettre "la viande dans le torchon"sans plus tarder, d'autant que demain les hostilités commencent avec environ 200km à faire avec le Col d'Aspin en vedette américaine.Vous le savez, si vous avez lu mes précédents articles, je n'aime pas me lancer dans une narration chronologique, je préfère laisser mes souvenirs arriver dans le désordre pour qu'il ne reste qu'une ambiance et que le plus grand nombre se retrouve tout au long de cette semaine.Alors après cette (longue) entrée en matière, je vais (avant, je vais reprendre un peu de ce SAUTERNES)donc essayer de parler de ce super moment à tous les adhérents du club qui n'ont pas pu venir afin de les faire baver d'envie et  qu'ils nous haïssent, nous, les chanceux, tout en essayant modestement de faire revivre notre semaine pyrénéenne.Nous avons donc démarré en douceur ce lundi, mais ensuite quel festival !Premier coup de coeur, le lac du Cap Long ! Imaginez un lac de montagne formé par le barrage du même nom miroitant des eaux d'une couleur émeraude hallucinante, le tout sous un soleil et un ciel parfaits et la route tournicotante à souhait sous une végétation épaisse et protectrice.Deuxième beau moment, la montée, en cordées, au sommet du Pic du Midi de Bigorre. C'est vrai que les deux cents derniers mètres, avec piolet, crampons et cordes ont été athlétiques, mais quelle récompense au sommet ! Quand je pense que beaucoup de touristes montent par le téléphérique, vraiment, c'est décevant ! Un peu d'effort, que diable, la vue au sommet n'en sera que plus belle et je dois dire que certains de mes compagnons de cordée m'ont étonné !!!!!!Ce qui est le plus étonnant, quand on arrive au dernier pylône, c'est que l'on a l'impression que ça ne va pas passer, mais alors  ça ne va pas passer du tout, mais ça ne va pas passer, attention......., c'est passé, ouf!Mince, j'ai l'impression que je me suis trahi !Un peu de nuages au sommet nous gâchera un chouia le paysage, mais c'est pas grave. IL fait 9° et certains d'entre nous ressentent les inconvénients d'une montée à 2877mètres un peu rapide (ben oui, quand on est entraîné..........! )Retour sur le plancher des vaches et ce n'est pas un euphémisme !Franchissement du Col du Tourmalet, dont le sommet est aussi encombré que la croisette un jour de festival et ce qui est un comble, par des cyclistes, comme si cela représentait un exploit d'être monté jusque là ! Ils sont comme nous, eux aussi ont une boite à vitesses !Comme le dira très justement Cathy, on prendra des photos au retour puisqu'on doit repasser par là. Sage prémonition ! Nous repasserons effectivement par là, mais entre temps, le brouillard, plus l'orage se sont invités et c'est à 10km/h, pour éviter de se faire un mouton ou une vache dont nous découvrons les vagabondages à 20cm de la roue avant que nous remonterons le Col. Quant à la photo ...................., je vous laisse deviner !!Descente sous l'orage vers Campan qui nous abandonnera à Bagnères de Bigorre alors que d'autres compagnons se feront rincer propre en passant par le col d'Aspin.Nous allons, tout au long de cette semaine franchir les cols mythiques des Pyrénées, la plupart du temps sur des revêtements parfaits, avec des enchaînements d'épingles à faire pâlir une couturière. Nous allons nous faire des "petites " bourres (enfin, je dis petites, petites, faut voir, hein, Pierre!) et découvrir grâce aux traces laissées sur la chaussée sous forme, comment dire, de merdes fraîches, oui, on peut dire ça, de préférence dans les virages, qu'ici les troupeaux évoluent en liberté. Nous pourrons ainsi ajouter à notre technique de passage en virage, celle de l'évitement, d'abord pour éviter de se vautrer, ensuite pour ne pas crépir la moto et ceux qui sont dessus d'éléments certes naturels mais néanmoins indésirables.Il y a eu donc de beaux moments, car notre ami Claude MALOU nous a fait découvrir de superbes paysages que je ne peux retranscrire ici. Il est difficile de vous parler des panoramas au sommet des cols, des impressions de conduite sur ces routes ou la ligne droite maximum fait 10 mètres et ou les lacets s'empilent sur des kilomètres, de cet arrière-plan permanent de la chaîne pyrénéenne avec le Pic du Midi en sentinelle  qui se découpe le matin quand le soleil le caresse, ou le soir, quand nous rentrons et qu'il disparaît dans un nuage d'orage.Il me reste plein d'images ainsi et des moments qui font le sel du séjour, la cerise sur le gâteau, la perle dans l'huître. Peut on se passer de l'élégance vestimentaire de notre Gillou et de son caleçon coordonné avec .....rien?  Quand je pense que pour la cérémonie des Oscars (je veux dire de la remise des médailles) il l'avait toujours ! Mais le bleu des motifs de ce vêtement allait ma foi fort bien avec le fond bleu de la médaille du club, comme quoi !!!!!!!!!Il y aura donc cette remise des médailles ou je découvris que plein de gens avaient plus de quinze ans de cotisations !!!!! Moi et mes quatre ans (oui, mais l'année prochaine, Philippe, tu peux la préparer la médaille) je me sentais bien jeune (ce qui est vrai d'ailleurs ! )Et puis, pour moi, en tout cas, mais je crois que c'est l'avis général de ceux qui y participèrent, il y a eu cette journée de Jeudi, où nous partîmes de bon matin pour aller à pied au refuge situé au pied du VIGNEMALE et de son glacier !La journée fut superbe. Nous avons remonté le sentier qui longe le torrent qui descend du glacier pour arriver (avec un peu de retard sur l'horaire prévu) au refuge dont les fenêtres s'ouvrent sur le cirque glaciaire.Nous avons mangé sur place car nous étions trop en retard pour rejoindre le reste des faig....., je veux dire des collègues qui nous attendaient en bavant devant leurs assiettes. Alors, bien sur, ils se sont vengés en nous racontant leur menu, mais nous, nos rondelles de tomates et les nuggets au poulet, devant le VIGNEMALE, ça a quand même une autre gueule, non !!!!!!!!!!!!Ce petit moment me rappela la Corse et la charcuterie mangée au refuge en haut de la vallée de la Restonica (j'aurai bien voulu partager ce moment avec un membre de la Corsica 2005, mais ils étaient restés en bas!)Puisque nous parlons nourriture, il faut dire deux mots de celle servie au centre. Toute la semaine, ce fut thématique puisque nous avons eu une soirée orientale, espagnole, basque sans parler de la soirée de gala.Par moment, les plats en alu, le fait de devoir débarrasser la table, me rappelaient la cantine de mon lycée, mais ce sont les seuls points communs car, au lycée, les nouilles et les haricots étaient essorés et avaient du beurre !!! Il est vrai aussi, qu'à l'époque de notre prime jeunesse, le cholestérol était un terme inconnu. Donc, même si je n'en ai pas (moi !!!), je remercie le cuisinier d'y avoir pensé !Trêve de plaisanterie, en dehors de ce "léger" dysfonctionnement nous avons fort bien mangé, la nourriture était roborrative ( je me souviens des joues de porc confites !!), le rosé correct, le rouge excellent décapant pour dallages (attention quand même, c'est plus violent que le VIGOR) et les serveurs aux petits soins.Ce que j'ai beaucoup apprécié également, c'est le confort de la literie. Mon lit (une place, et oui !!) était parfait, ferme à souhait, permettant des nuits douces, calmes, et réparatrices.Parce que, franchement, aprés des journées passées le fondement sur le siège moto, on a besoin de bonnes nuits, non ?Alors, il parait que certains avaient des literies tellement défoncées qu'ils leur ont pris la coquetterie de virer le sommier pour mettre les matelas à même le sol, on voit de ces trucs, je vous jure !!! Il parait qu'ils se sont ruiner le dos pendant que moi, je dormais comme un enfant de coeur innocent et béat !!Si vous me permettez, j'ai un autre souvenir un peu personnel à narrer. C'est le retour au bercail par le Col du Portillon alors que nous revenions de notre ballade avec incursion en Espagne.Notre petit groupe a rejoint en bas du col celui coatché par Michel LAVAL et sa K12LT.Il y avait un tirage de bourre à faire, on allait pas le louper ! Pierre et moi, après avoir doublé quelques motards nous retrouvâmes dans la roue arrière de LOU PAPE dont la roue avant  était (mais c'est une habitude chez lui) dans le top case de la LT de Michel. Il nous laissa passer. Nous étions prêts à avaler le mec de la Marne.J'avais écrit, lors d'un article sur la sortie des Ardennes Belges, en Mai 2007, que Michel promenait sa K12 et son élégance naturelle sous la pluie avec une agilité déconcertante ! A croire que dans l'EST, ils font une régression et qu'ils sont tellement habitués à la flotte qu'il commence à leur pousser des branchies, ce qui bouleverse la théorie de l'évolution des espèces et je rappelle ici qu'il y a quelques temps les poissons sont sortis de l'eau pour marcher et non l'inverse ! Bien !Et bien, je peux vous le dire, moi, j'avais encore jamais vu une K12LT, son pilote et son inconsciente passagère, passer les virages comme ça. Vous me direz, que, à sa décharge, la K12LT c'est quand même la moto faite pour les épingles dans les cols, il n'empêche, ses branchies ça ne l'empêche pas de basculer cette ballerine comme si c'était un trail, et le doubler............que.nenni, pas pu. M'sieu LAVAL, chapeau bas!!!Bien sur, le soir, je dus subir les sarcasmes de LOU PAPE et il me fallut un grand (très grand) verre de FLOC pour me calmer.Il y eu un autre grand moment, pendant cette semaine, c'est la remise des chemises "souvenir".Dans l'article que j'ai écris pour la sortie en ARDECHE  de Mai 2008 organisée par Fred et Myriam BERNON, j'interpellais les responsables du club en leur disant qu'une couleur un peu plus "fun" que le noir pour les t-shirts serait plus cool et rajouterait une note de gaieté correspondant bien à l'ambiance des rassemblements.Je ne savais pas que je serais entendu aussi rapidement. Quelle ne fut pas ma surprise de voir Coco remettre à chacun des mâles rassemblés une chemise ....rose !Quel tollé dans les rangs : Quoi, mais c'est pas possible, du rose, mais on est pas des tapettes, j'en passe et des meilleures.Moi, je vais vous dire, même si je dois passer pour un fayot, le rose, j'en porte, et je n'ai jamais considéré que la virilité était un problème de couleur, ou alors ça se saurait. Un jour, si vous êtes sages, je vous parlerai de la virilité de certains parachutistes, mais..............;chut, c'est un autre débat !!!Bon, certains prétentieux avaient commandé du XXL alors que le L suffisait largement, certes, le brodage n'était pas parfait, certes c'était des manches longues, mais c'est pas si grave, non?En tout cas, qu'est-ce que c'était beau cette montagne de testostérone rose bonbon, on se serait cru  à la GAY PRIDE, quoique, à la GAY PRIDE, il y a quand même plus de cuir  !!! (Ouh, là, je crois, que j'ai fait une gaffe!!!)Comme je le dis plus haut, il est donc impossible de décrire par le menu cette semaine. Chacun grace à ses photos et ses souvenirs personnels pourra faire revivre à son gré cette parenthèse montagnarde. Ce petit article n'a d'autre but d'une part, de souligner, pour ceux qui étaient là, des moments fugaces de bonheurs, de plaisirs, ou de petites galères et pour que ceux qui n'étaient pas là, puissent imaginer notre colonie de vacances. Il a bien fallu faire les bagages, et samedi matin, chacun est reparti dans son coin de FRANCE rejoindre son quotidien. Le soleil était toujours là, mais cette fois, sur l'autoroute, il fallait que je regarde dans mes rétroviseurs pour voir le PIC du MIDI de BIGORRE rosir dans le soleil levant, et quand, au détour d'une courbe, il a disparu, j'ai compris que ma semaine pyrénéene venait de prendre fin !  
 
 
 
Réalisation CJSolutions